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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 13:42
Je suis...
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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 21:26

 

Cher Hubert-Félix,

 

Dans ces heures troubles et désabusées, ne serait-il pas temps que l'humanité cesse elle-même de se fixer  sur les dieux impuissants...? (cf. l'article précédent...Annihilation de Hubert-Félix Thiéfaine)

 

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 22:29

Aux réserves émises  par Lionel Jospin lors du Grand journal de Canal+ du 09/11/12  au sujet du mariage pour tous, sous prétexte que, selon lui,  « l'idée fondamentale doit rester, pour le mariage, pour les couples et pour la vie en général, que l'humanité est structurée entre hommes et femmes.», l’écrivain Virginie Despentes répondu*  sur le site web du magazine TÊTU en passant  en revue et en démontant méthodiquement, dans un style volontairement « fleuri », les objections fournies par les adversaires du mariage homosexuel, puisque c’est bien de cela qu’il s’agit, et de la violence verbale, voire physique, dont ont fait preuve les «missionnaires» de l’hétérosexualité bleu/rose virant parfois au rouge sang**,  lesquels – benoîtement ou cyniquement, au choix  - aiment à se déclarer non homophobes tout en brandissant des banderoles aux textes virulents contre le droit au mariage des homosexuels et ainsi contre la toute nouvelle loi promulguée ce mois de mai, qui non seulement ne leur enlève aucun droit, mais doit répondre notamment à la nécessité de protéger les droits des enfants d’homosexuels tout comme ceux des conjoints devant les aléas de la vie.

Cette réponse vive et implacable est plus qu’un billet d’humeur. Bien  construite et argumentée, elle renvoie dos à dos les politiques et les religieux avec les contradictions et  l’hypocrisie qui sous-tendent leurs diatribes contre le mariage pour tous. Diatribes brandies au nom de l’humanité « papa maman la bonne et moi », comme il se doit ?

 

Pour ma part, ce qui m'a immédiatement interpellée dans la déclaration de Jospin, c'est l'affirmation d'une humanitée "structurée" entre hommes et femmes, qui exprime en filigrane l'idée de l'existence d'une hiérarchie immuable entre hommes et femmes. Ce que Virginie Despentes a bien analysé, notamment que "cette humanité là, c'est l'histoire de comment elles [les femmes] en ont pris plein la gueule pendant des millénaires, mais c'est l'humanité, que veux tu, on la changera pas." Bref, Jospin, c'est Jurassic Park chez les socialistes... L'homme en haut, la femme en bas, mariage ou pas. Et quand Jospin, sérieux comme un pape, sort une déclaration de ce genre sans même sourciller, cela en dit long sur l'exigence de la pensée des politiques en matière de droits des femmes! Alors, vous pensez, les droits à l'égalité de ceux qui ne font pas encore partie de l'humanité "structurée"...


Voici quelques courts extraits  de la réponse pertinente de Virginie Despentes - l’intégralité du texte est à lire sur le site Internet du magazine TÊTU :


" …Jospin est comme ça: il a une idée forte de ce qu'est l'humanité, et l'humanité, c'est les femmes et les hommes qui vivent ensemble, copulent et produisent des enfants pour la patrie… il y a d'une part la grande humanité, qui peut prétendre aux institutions, et de l'autre, une caste moins noble, moins humaine. Celle qui devrait s'estimer heureuse de ne pas être persécutée, qu'elle ne vienne pas, en plus, réclamer des droits à l'état..."


[… ]"Je ne sais pas ce que Lionel Jospin entend par l'humanité. Il n'y a pas si longtemps, une femme qui tombait enceinte hors mariage était une paria. Si elle tombait enceinte d'un homme marié à une autre, au nom de la dignité humaine on lui faisait vivre l'enfer sur terre […] L'enfant était un bâtard, un moins que rien. Bon, quelques décennies plus tard, on ne trouve plus rien à y redire. Est-on devenus moins humains pour autant, selon Lionel Jospin?"


 […]"Jospin, comme beaucoup d'opposants au mariage gay, est un homme divorcé. Comme Copé, Le Pen, Sarkozy, Dati et tuti quanti. Cet arrangement avec le serment du mariage fait partie des évolutions heureuses. Les enfants de divorcés se fadent des beaux parents par pelletées, alors chez eux ce n'est plus un papa et une maman, c'est tout de suite la collectivité. On sait que les hétérosexuels divorcent plus facilement qu'ils ne changent de voiture. On sait que l'adultère est un sport courant [...] Très bien. […]. Mais pourquoi tant de souplesse morale quand ce sont les hétéros ... et cette rigidité indignée quand il s'agit des homosexuels? On salirait l'institution? On la dévoierait? Mais les gars, même en y mettant tout le destroy du monde, on ne la dévoiera jamais d'avantage que ce que vous avez déjà fait, c'est perdu d'avance... dans l'état où on le trouve, le mariage, ce qui est exceptionnel c'est qu'on accepte de s'en servir."

 

 [… ]« Arrêtez de nous bassiner avec le modèle père et mère quand on sait que la plupart des enfants grandissent autrement, et que ça a toujours été comme ça. Quand les dirigeants déclarent une guerre, ils se foutent de savoir qu'ils préparent une génération d'orphelins de pères. Arrêtez de vous raconter des histoires comme quoi l'hétérosexualité à l'occidentale est la seule façon de vivre ensemble, que c'est la seule façon de faire partie de l'humanité. [… ]»

 

 

 

*12 novembre 2012 : http://www.tetu.com/actualites/france/virginie-despentes-repond-a-lionnel-jospin-et-aux-anti-mariage-pour-tous-22503 

**cf. le sinistre « Hollande veut du sang, il en aura ». Ne faut-il pas être Barjot pour tenir pareil propos explosif !  Genre « Ah ca ira, ca ira, les homosexuels à la …lalalala ) ?

 

 

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 17:19

Toute cette histoire concernant le pacte anti-Hollande qui, selon le journal allemand Der Spiegel, aurait été conclu entre les dirigeants conservateurs européens à l’initiative d’Angela Merkel, fait décidément beaucoup de bruit dans le pays-même de la chancelière et a provoqué un tollé de réactions indignées au sein de la population.

En effet, en parcourant les commentaires dans la presse, on peut lire le désaveu massif que récolte cette attitude de madame Merkel, qui est considérée comme une ingérence inacceptable dans les affaires d’un État voisin souverain.

En voici de brefs extraits relevés parmi les commentaires de lecteurs:

« Depuis quand faisons-nous [ndlr : les Allemands] une campagne électorale en France?????????? Merkel, veuillez faire votre balluchon et déguerpir !!!! »

« Si monsieur Hollande est élu, voilà une relation bien chaleureuse qui se profile à l’horizon avec notre voisin français.
La peur panique d’un changement de pouvoir en France serait-elle si forte qu’on en oublie les bonnes vertus diplomatiques?
 »

 

Ou encore :

 

Cette dame (A. Merkel) devrait se retenir.
Manifestement, elle a complètement perdu les pédales et croit visiblement détenir le pouvoir absolu de déplacer les gens et les postes comme bon lui semble.

Et quand Monsieur Hollande viendra en visite après sa prise de fonctions, on pourra entendre « Mutti » [maman] nous raconter de quelle manière grandiose la coopération franco-allemande sera poursuivie !
…Et qu’en fait, Hollande, c’est exactement celui qu’elle attendait…

Chers Français, tous les Allemands ne sont pas comme elle ! »

 

ou bien:

 

„Madame Merkel,

est-ce que vous trouvez intelligent de vous être, d’entrée, complètement grillée auprès d‘un candidat qui a de sérieuses chances de devenir président de la République française ?" 

 

Ceci n’est qu’un panel de réactions parmi les centaines de messages de lecteurs choqués par l'attitude de la chancelière.

 

Mais il n’y a  pas que des lecteurs catastrophés par l'ingérence de madame Merkel dans les affaires d’un autre pays souverain. Il y a aussi des citoyens allemands qui saisissent l’occasion pour faire de la critique constructive.

 

En effet, d’après tout ce que je lis dans la presse allemande, Monsieur Hollande, il ne faut pas croire tout ce que l’on vous raconte, car, s’il est probable que madame Merkel et ses compères européens conservateurs ne veuillent pas vous recevoir, en revanche, Monsieur Hollande, je vous assure que vous êtes réellement le bienvenu en Allemagne et qu’une « große » et « kolossale » party vous y attend !

 

Je vous transmets ci-dessous une lettre d’invitation  insérée ce jour-même par un lecteur  dans l’hebdomadaire DIE ZEIT:

 

Cher Monsieur Hollande,

 

s'il est vrai que Cameron et Merkel vous rejettent, cela prouve que vous ne pouvez être qu’une personne  agréable, aimable et charismatique – car la sympathie et le charisme sont des qualités que ces gens-là ne possèdent pas et qu’ils craignent comme le diable l’eau bénite.


C’est pourquoi je souhaiterais vous inviter symboliquement – je suppose que cela ne pourra malheureusement pas se faire – à une rencontre amicale franco-allemande autour de saucisses grillées et de bière. Je me réjouirais, si (outre votre propre personne ;)) vous apportiez un bon rouge.

 

 

Si, pour ma part, je suis loin de partager les envolées lyriques de ce lecteur - même en cherchant bien, je serais incapable de trouver quoi que ce soit de charismatique chez F. Hollande, et quant à savoir si M. Hollande est une personne agréable et aimable, je reste sceptique comme pour tout ce qui concerne de près ou de loin l'homo politicus -, je constate que cette invitation a reçu sur la Toile un écho favorable, dont je vous livre quelques suggestions faites par d’autres lecteurs :

 

"Puis-je me joindre à vous? Je porterai un bon Calvados, afin que nous puissions oublier  « Mutti » [ndlr : en Allemagne : sobriquet de Merkel]."

 

"Où peut-on commencer la fête? Je m’occupe de procurer les amuse-gueules !"

"Moi-aussi.  J’apporterai la moutarde de Dijon!"

Etc…

Voyez, Monsieur Hollande, il ne faut pas désespérer, les relations franco-allemandes d’Adenauer et de Gaulle ont encore de beaux jours devant elles ! 

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 17:00

En regardant une fois de plus le film documentaire The Kids are alright  (1979), consacré au groupe The Who, j’ai été touchée par la définition que Pete Townshend y fait du Rock & Roll. En une phrase et deux intonations, l’une imitant les accents mondains, l’autre, reprenant un accent anglais plus populaire, il nous donne à lire entre les lignes ce que représentait le Rock & Roll pour la jeunesse d’alors.

What is Rock & Roll? Oui, C’est quoi, le Rock & Roll ?

N’attendez pas de définition claire de la part des trois autres membres du groupe. Chacun d’eux reste dans son rôle:

Détaché, apparemment blasé: John Entwistle: I can’t think of anything to say (je n’ai vraiment rien qui me vienne à l’esprit)

Frondeur, entier, Daltrey : Rock & Roll never ever stood dissecting and inspecting it at close range, it doesn’t stand up, so shut up! (« Le Rock & Roll ça n’a jamais, mais jamais voulu disséquer ou inspecter de près, ce n'est pas militant, alors ferme-là! »)

Sur une autre planète : Moon nous le chante: There is a place for us (il y a une place pour nous)

La meilleure définition nous vient naturellement de Pete Townshend qui explique ce que représente le Rock & Roll à cette époque, des années 60 à 79, date de la publication du film The Kids are Alright:

 

"I’m accused of letting the side down as it were often by our fans, like for example: you can’t stop doing this, you can’t stop doing what you’re doing because you’ll let down all these people. It’s not just people saying (Townshend prenant une pose guindée)  : you will disappoint your fans if you don’t go on, the show must go on, you must go on, otherwise all these people will be upset”,

 

(je suis souvent accusé par nos fans de laisser tomber l'équipe, pour ainsi dire, comme par exemple : "tu ne peux pas arrêter de faire ceci, tu ne peux pas arrêter de faire ce que tu fais parce que si tu arrêtes, tu vas laisser tomber tous ces gens." Il ne s'agit pas seulement de gens qui disent (Townshend prend une pose guindée) : "tu vas décevoir tes fans si tu ne continues pas, le spectacle doit continuer, tu dois continuer, sinon tous ces gens vont être fâchés"),

 

   

It is (c’est) : (Townshend avec un accent représentatif de la jeunesse populaire anglaise): 

 

"You must go on man, otherwise all these kids, they will be finished, they will have nothing to live for !!! " That’s Rock & Roll ." (« il faut que tu continues, mec, sinon, tous ces gosses, ils vont être foutus, ils ne vont plus rien avoir à quoi se raccrocher!!!«  C’est ça le Rock & Roll )"

 

Voici pour finir un petit retour aux fondamentaux avec une version live de Baba o Riley tirée du film The Kids are Alright :

 

 

 

Long live Rock !

 

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 11:29

 

 « Je suis bien placé pour savoir ce qu'est la réécriture de l’histoire … Et cependant, je me suis senti comme foudroyé lorsqu’en septembre 2002, à l’église St. Paul, le président Václav Havel a été salué d’une poignée de mains par [ndlr-le recteur de la Trinity Church de Wall Street] Matthews.

Havel, qui avait libéré son pays et lui-même du tissu de mensonges stalinien, qui avait dépeint ce qu’était la vie dans le mensonge public, est venu à St. Paul comme ce  lieu symbolisant l’authenticité humaine – et il est tombé dans le piège tendu par le tissu de mensonges de Matthews. Il en a été de même pour le président Bush à l’occasion du cinquième anniversaire, et il en sera de même pour le président Obama, lorsqu’il viendra avec Bush dans la chapelle, pour le dixième anniversaire [de l’attentat du 11 septembre 2001]. Ils n’ont jamais entendu parler du martyre de Lyndon Harris, il a été effacé de la mémoire collective pour tomber dans l’oubli. Qui sait si le nouveau recteur de la puissante église Trinity Church et le nouvel évêque de New York, oseront essayer de pratiquer la vie dans la vérité. » 

 

Ces paroles forment la conclusion de l’article écrit cette semaine dans l’hebdomadaire DIE ZEIT par Hartmut M. Hanauske-Abel, professeur en pédiatrie vivant aux USA depuis 1986 et membre de la paroisse de la légendaire chapelle St. Paul à Manhattan, au sujet du pasteur Lyndon Harris,  qui, voici dix ans déjà, avait fait de cette chapelle une infirmerie pour les premiers secours lors des attaques du 11 septembre 2001. 

 

Lyndon Harris était à l'époque le pasteur de cette chapelle St. Paul jouxtant les Tours jumelles de Manhattan et épargnée comme par miracle par les attentats du 11 septembre 2001. Tous ceux qui ont oeuvré dans l'enfer de feu et d'acier qui avait remplacé les Twins Towers de New York se rappellent, dit-on, l'abnégation avec laquelle il les a assistés dans leur travail harassant. Et il nous raconte alors comment son église a usé de stratagèmes dignes de l'inquisition pour le punir de son engagement en lui faisant tout perdre, santé, famille etc.  On y apprend comment Harris a fait de cette chapelle au passé d’ores et déjà légendaire, une infirmerie et un havre de paix, tandis que les éminences de sa riche et puissante église n'ont eu de cesse, plus tard, de s'acharner à faire payer au pasteur cette initiative.

 

La lecture de cet article  était d'autant plus bouleversante que va être commémoré dans quelques jours le dixième anniversaire des attentats du 11 septembre. Et si l'on en croit l'auteur, "l'homme d'église" soit-disant représentant de la charité chrétienne, qui accueillera cette année, à cette occasion,  le président Obama dans la chapelle de St. Paul, ne sera autre que le recteur Matthews, celui qui, nous dit l'auteur,  aurait contribué à anéantir le pasteur Harris au sens propre comme au sens figuré, en récupérant au passage les lauriers d'une gloire jamais revendiquée par le modeste pasteur Harris.

 

 La raison de cette aberration antichrétienne, demanderez-vous à juste titre ? Mystère. Mais peut-être que la débrouillardise et l’énergie fraternelle du pasteur de cette petite chapelle ont dû faire de l'ombre à la puissante église voisine, la Trinity Church de Wall-Street, et à ses managers en collerette anglicane, notamment le puissant Dr. Daniel P. Matthews.

 

 

Ah oui, le puissant Daniel Matthews, maître spirituel, nous dit-on, de Wall-Street et de ses directeurs financiers…Que faisait-il donc au matin du 11 septembre 2001?

Toujours d’après l’auteur de l’article, il préparait un entretien avec le futur chef de l‘église anglicane, Rowan Williams, dont Trinity Church à Wall Street est une des plus riches paroisses.

L’auteur de l’article rapporte que, selon des témoins de la paroisse de St. Paul, lorsque les avions se sont encastrés dans les Tours, qu’il s’est mis à pleuvoir partout des gens et des restes humains, que les tours se sont ensuite effondrées, et que le pasteur Harris s’évertuait à sauver les enfants du jardin d’enfants situé à proximité, le puissant Daniel Matthews ne se serait préoccupé ni de son invité ecclésiastique ni des enfants, mais, prenant ses jambes à son cou, se serait précipité vers le ferry conduisant à Taten Island puis vers le Sud où l’attendait une réunion scolaire prévue de longue date...

  Pendant ce temps, Lyndon Harris, s'activait dans cet enfer de cendres tout en donnant les derniers sacrements aux victimes et à ce qu’il en restait, respirait jour après jour, au côté des sauveteurs, les poussières nocives qui le rendront malade plus tard, et élaborait un plan. Car, se dit-il, s’il y avait bien les victimes, pour lesquelles on ne pouvait hélas plus rien, qu'en était-il des sauveteurs venus de toutes parts pour travailler dans le Pit, ce trou béant d’acier laissé par les tours et qui restera en feu pendant des mois. Qui allait donc les assister et les réconforter dans leur tâche ?

St. Paul étant resté indemne, tandis que tout autour, il ne régnait que stupeur et dévastation, Harris décida d’en faire un centre d'accueil et une infirmerie pour les sauveteurs.

 Ces centaines de sauveteurs qui n’avaient nulle part où se loger, sauf à St. Paul, pensait Harris. Il a donc décidé d'ouvrir la chapelle miraculée aux pompiers, policiers et équipes cynophiles, aux soldats et aux ouvriers de l’acier, aux milliers de sauveteurs venus travailler dans le no man’s land.

Il a même ouvert la tour de la chapelle aux administrateurs de la Trinity church que le recteur Matthews avait contacté par téléphone depuis son lointain abri pour demander que l’on sonne les cloches dans tout le pays. Ses désirs étant des ordres, les cloches ont sonné, faisant tournoyer douze fois la poussière blanche des tours mortes. Pour quelques instants, silence, recueillement.

Lyndon, de son côté,  a fait de St. Paul un refuge pour les sauveteurs qui y ont habité  pendant des mois, logés et nourris gratuitement, 24 heures sur 24. Des dons ont afflué de toutes parts, de toutes les communautés, religieuses ou pas, St. Paul étant le point de chute de ceux qui cherchaient réconfort et nouvelles de leurs disparus. Des camions entiers de chaussures arrivaient pour remplacer les semelles brûlées des sauveteurs dans le pit. D'autres avec de la nourriture pour les chiens sauveteurs, eux-mêmes équipés de sur-chaussures aux pattes. Bref, une logistique incroyable etait organisée et installée.  On faisait la cuisine dans la sacristie. Lyndon Harris, qui était le seul confident spirituel de la Trinity, avait fait installer une infirmerie pour soigner les pieds brûlés et prodiguer des massages pour le mal au dos des sauveteurs etc. La Nation a entendu parler de St. Paul. Lyndon Harris avait alors créé le plus récent monument national des USA, nous dit l'auteur. "En 2010, deux millions et demi de visiteurs se sont rendus à St-Paul."

 

Mais voilà, c'était sans compter avec le recteur Matthews, qui  a fini par rentrer de son échappée scolaire, le 17 septembre 2001. Et il a demandé réparation!

 

L'auteur nous dit qu'après avoir inspecté St. Paul, il aurait crié à l'hérésie et se serait déclaré indigné par la saleté provoquée par les allées et venues des gens venus se réfugier à St. Paul. "Qui sont ces individus bizarres?" aurait-il demandé. "Quand St. Paul redeviendra-t-elle une église?" aurait demandé son vicaire, Howard.  Lyndon aurait rétorqué : "Jamais ce lieu n'a autant été une église! ». 

 

Howard, pour toute réponse, aurait renvoyé une assistante de Lyndon et refusé aux travailleurs et à leurs familles le repas de Thanksgiving.

 

Lyndon, pour sa part, aurait recu l'ordre de ne pas parler aux reporters. La raison invoquée pour expliquer le courroux des dignitaires religieux, si courageux après la tempête:  les assurances de l'église anglicane Trinity ne couvraient pas les activités de Harris dans le pit.

 

Bon sang, mais c'est bien sûr! Enfer et damnation etc. Il fallait y penser! 

 

Pire: Matthews et Howard auraient affirmé que les dépenses engendrées par les sauveteurs à St. Paul étaient tellement élevées qu'il serait désormais  impossible de faire célébrer le Messie de Händel pour Noël dans la  Trinity Church, une tradition très appréciée des New Yorkais et jamais interrompue depuis 1770!

Mais si mais si!

 

 

Sans chercher à jeter l'anathème sur le recteur Matthews, force nous est de constater qu'au lendemain du 11 septembre, il plaçait ses priorités de manière plutôt étonnante et peu conforme aux valeurs chrétiennes telles qu'on nous les apprend sur les bancs du cathéchisme...  

 

 

 

Lorsque des documents ont néanmoins prouvé que, non seulement la Trinity church n'avait pas du tout souffert financièrement des mesures d'aides prises par Lyndon Harris, mais qu'au contraire, elle conservait un excédent d'argent, le recteur  Matthews a changé son fusil d'épaule et  accusé Lyndon de  manquement grave aux règlements. Toujours la fameuse antienne des assurances! Et il se serait servi de ce prétexte et de la présence de poussière sur le toit pour déclarer qu'il fallait fermer St. Paul immédiatement et en faire de nouveau "une belle chapelle". 

 

C'est vrai, ça! C'est l'emballage qui compte, non? Comment disait le chanteur, déjà? La misère est moins pénible au soleil des ors dépoussiérés? Enfin, un truc de ce genre...

 

 

Tout-de-même, cette décision a provoqué la colère des travailleurs de Ground Zero, mais rien n'y a fait, la chapelle a été fermée en 2002.

 

Ensuite tout serait allé très vite, nous dit l'auteur de l'article : tout aurait été "nettoyé" dans la chapelle, y compris les milliers de lettres des enfants qui étaient entassées dans la chapelle. 

 

Quand l'auteur de l'article, pédiatre de son métier, en a appelé, dit-il, au recteur Matthews pour récupérer au moins les lettres des enfants, qu'il considèrait comme un témoignage unique sur le drame de Ground zero et qu'il souhaitait analyser avec des collègues de l'université de Harward, il aurait assisté à une  scène pour le moins étonnante, qu'il raconte : lorsque Harris est venu s'adresser au pédiatre, celui-ci a vu Matthews exploser et lui dire qu'il préfèrerait détruire les lettres plutôt que d'offrir à Harris une nouvelle occasion de tirer gloire de ses actions [claim to fame dans le texte].

 

 Que sont devenues ces lettres, l'auteur ne le sait pas, il a eu juste le droit de les photographier avant qu'elles ne soient enlevées. Tous les objets témoignant des événements de l'époque ont été enlevés, nous dit-on. À leur place se trouvent dorénavant des artefacts et une galerie de photos que Matthews a fait installer et sur lesquelles il apparaît abondamment et en bonne place.

 

Lyndon Harris, lui, a été congédié dès octobre 2002, officiellement pour poursuivre ses études théologiques, mais sans salaire, sans assurance-maladie ni pour lui ni pour sa famille, alors que, nous dit M. Hanauske-Abel,  Matthews et ses collègues savaient très bien que, pendant son service au sein de l'église,  Lyndon Harris avait contracté une maladie des poumons, comme l'attestera un tribunal en 2008 : les dégâts subis sur sa santé ont été provoqués par sa présence constante sur Ground Zero, lorsqu'il a respiré 240 jours durant une poussière toxique. La juge aurait tenu à déclarer dans son procès-verbal le respect que lui inspirait son dévouement pour tous ceux qui étaient venus à St. Paul pour y chercher de l'aide. Bien que les écclésiastiques ne  fassent pas officiellement partie des travailleurs du Ground Zero, le case    522326 du World Trade Center Volunteer Fund a été attribué par le tribunal à Lyndon Harris.

 

Mais bizarrement, les responsables de l'église  semblent toujours incapables de trouver un emploi à Lyndon Harris dans tout le diocèse... encore une question de priorités, sans doute... 

 

Après deux ans passés dans la misère financière, on lui aurait finalement offert une place de pasteur à Harlem, mais dans un endroit où règnent la drogue et le crime. Anxieux pour sa femme et sa petite fille, Harris se serait vu contraint de refuser le poste. Toutes ses candidatures à d'autres postes auraient été refusées par l'église anglicane. Ses dettes auraient augmenté, la maison familiale aurait été hypothéquée et en 2005, son couple se serait séparé.

 

Enfin, en 2009, une église luthérienne lui aurait proposé une place et un logement. Il  aurait accepté.  

 

Ce n'était pas trop tôt!

Ah oui, mais... non!

Non, car au même moment, l'évêque Sisk aurait formulé une plainte auprès du diocèse pour manquements disciplinaires et avant même que Harris puisse être entendu, il lui aurait retiré l'habilitation à prononcer le service religieux et à diriger une paroisse. Comme Harris appartient à l'église anglicane, les luthériens n'auraient pas eu d'autre choix que de résilier le contrat passé avec Harris. 

 

Et voilà le travail!!!!!!!!!!!!! 

 

Stop! Encore?

  Encore!

 

L'auteur de l'article, décidément accablé (il n'est pas le seul à l'être) de voir tant de malheurs affliger son cher pasteur, poursuit ainsi:

 

 présent, quelques semaines avant que le monde ne commémore l'attentat du 11 septembre pour la dixième année consécutive, Lyndon n'a aucun endroit où loger à New York, il est banni comme ecclésiastique anglican et a été renvoyé par les luthériens."

 

Début août de cette année, il a cherché refuge chez sa soeur en Caroline du Sud.

 

Mais au fait, qu'est-il advenu des deux glorieux managers anglicans si fermes dans la "restructuration" de leurs "ressources humaines" genre pasteur Harris? 

 

Aux dernières nouvelles,  leur ascension vers les hauts sommets ecclésiastiques semblerait se poursuivre confortablement. Pour la gloire des cieux, sans nul doute. 

 

L'auteur de l'article nous confie que Samuel J. Howard, autrefois vicaire du recteur Matthews, a été promu depuis longtemps évêque anglican de Floride. Motif de sa nomination (défense de rire - ou de hurler) : "au titre de guide de la congrégation et du personnel de la Trinity Church et de la chapelle St. Paul dans la foulée des événements du 11 septembre 2001«.

Et son salaire annuel nous est même divulgué (pitié, n'en jetez-plus): 206237 Dollars.

Hanauske-Abel nous raconte que la petite paroisse de St.-Paul fait courir le bruit que sa première initiative en tant qu'évêque a été de faire mettre à sa disposition une maison privée et une cadillac ainsi que des cartes de membre de différents clubs.  En voilà un qui ne fera jamais partie des "ordres mendiants". Ah, ces mauvaises langues...

En 2004, le recteur  Matthews de la Trinity Church a célébré ses adieux, nous dit l'auteur,  dans la cathédrale de St. John The Divine, la quatrième église la plus grande du monde. Avec tout le tralala et les vins les plus fins et les plus chers. Pour le diocèse de East Tennessee, il est, nous dit-on, un »apôtre de l'espoir et de salut pour le Lower Manhattan après les attaques du 11 septembre«. Le soi-disant "héros de Ground Zero" ferait même preuve d'une modestie remarquable dans son prêche : » J'ai eu le privilège... de me sacrifier infatigablement.« Que c'est là une belle oraison qui mériterait bien une hagiographie de ce "saint-homme"!

  Il prétendrait même que l'ordre du British Empire qu'il a obtenu en 2005 lui aurait été remis en reconnaissance de son rôle éminent à Ground Zero, mais lorsque l'auteur s'est renseigné auprès du Royal Households and Honours Secretariat, pour savoir si cela était vrai, on lui aurait répondu que non,  Matthews aurait obtenu la distinction »pour ses services au sein du Commonwealth britannique«.

Voilà l'histoire telle que Hartmut M. Hanauske-Abel la raconte dans l'hebdomadaire DIE ZEIT. Si les faits sont tels qu'il les raconte, on ne peut s'empêcher de se sentir révolté par une telle injustice, voire une telle escroquerie ecclésiastique!

L'Injustice est non seulement pour le malheureux pasteur Harris, qui lui, leur a déjà accordé son pardon (voir extraít d'un discours prononcé par Harris - cliquer sur le lien), mais elle est symptômatique de l'abus de pouvoir de gens qui prétendent défendre des valeurs qu'ils bafouent quotidiennement et elle est une insulte à tous ceux qui commémoreront bientôt les attentats du 11 septembre, les yeux fixés sur St. Paul,  lorsque le président Obama viendra serrer la main du soi-disant "héros" de Ground Zero. Ce jour-là, si ce que raconte l'auteur de l'article est vrai, ce n'est pas seulement le président Obama qui tombera dans le piège d'un tissus de mensonges tendu par cette poignée de mains...

La messe est dite... 

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 18:50

J'ai lu ces derniers jours dans la presse française que, suite à des fuites malheureuses lors des épreuves du BAC, certaines personnes bien intentionnées en ont profité pour remettre en question l'importance, voire l'utilité de cet examen.

Décidément, certains font feu de tout bois pour se rendre intéressants. Car enfin, on peut certes questionner la forme et la manière dont on fait passer le BAC de nos jours, en France, mais jeter immédiatement le bébé avec l'eau du bain me semble relever d'un comportement tout autant impulsif qu'inconscient.

 

Comment ? Voilà une France qui se voudrait subitement pionnière en matière d'éducation en choisissant précisément de jeter son BAC à la poubelle, tandis que les pays alentours, dont l'Allemagne, persistent à en faire, contre vents et marées, un événement à la hauteur de l'enjeu pour le bachelier : le sésame pour son avenir. Et alors que, justement, en Allemagne, l'événement est fêté comme il se doit : par un grand bal de fin d'année où sont conviés toutes les familles et connaissances.

 

 J'en ai fait tout récemment l'expérience. Mon fils vient en effet de  passer son BAC en Allemagne, que l'on appelle ici l'ABITUR. J'y voyais en premier lieu une affaire personnelle pour mon fils. Mais c'était sans compter avec l'organisation et les séances de révision et de préparation aussi bien entre élèves qu'entre élèves et professeurs, qui ont entouré cette phase de la vie des élèves de son lycée.  

 

Mais qu'est-ce qui fait donc que le BAC y est considéré comme un événement si important? Et surtout, comment y est-il organisé? 

     

L'élève qui a réussi à entrer au lycée (Gymnasium) après l´école primaire, achève sa scolarité du secondaire par trois années de préparation au BAC, dont la première est une année d'initiation suivie des deux dernières années où chaque partiel entre dans le calcul de la moyenne du BAC. Bref, il s'agit d'un contrôle continu au terme duquel l'élève passe l'examen écrit - un écrit dans ses deux matières fortes (options) respectives (Leistungskurse) et un écrit dans une autre matière de son choix. Ensuite vient l'oral, dans deux autres matières et le tout entre à peu près, si je ne me trompe, pour 30% dans la moyenne de l'Abitur. Comme on peut le constater ici, le lycéen a le temps de "bâtir" son examen sur deux années, autant par son talent que par un jeu de stratégie, car toutes les matières comptent d'une  manière ou d'une autre. L'Abitur requiert un contrôle dans toutes les matières, que l'on soit scientifique ou littéraire, chacun ayant donc le loisir de répartir ses coefficients comme il l'entend. 

 

Ainsi, l'Abitur est considéré en Allemagne comme une grande étape de la vie d'un(e) jeune Allemand(e)  et, une fois son BAC en poche, c'est non seulement toute sa famille qui fête l'événement, mais également  toute l'école lors d'un bal qu'elle a organisé, souvent dans un endroit chic ou branché où la robe de soirée est  quasi-obligatoire pour les bachelières  - mais pas pour leurs mères qui ne sont pas forcément en reste - et le costume pour les bacheliers, certains et certaines  venant y apporter leur propre note de créativité! 

 

Cela dit, je tiens à rassurer mes lecteurs et lectrices, le prix exigé pour la soirée est très abordable et, moi-même, qui fêtait donc le Bac de mon fils, j'ai simplement improvisé une tenue festive, tandis que certaines de mes amies   ont tenu à s'y rendre en pantalon. Orchestre, discours du proviseur et des profs sur la cuvée 2011, sur certains élèves fantasques aussi, discours également - souvent très provocateurs - d'élèves sur leurs profs et sur leur lycée, remise des diplômes, présentation du gros album du Bac 2011, édité par les élèves et répertoriant chaque élève et chaque professeur impliqué durant ces trois dernières années dans l'aventure. Autant dire que la soirée était animée! 

 

Et là, nous avons enfin réalisé : notre fils a le BAC ! - et même deux bacs puisqu'il a passé également, conformément à son programme, l'ABIBAC : deux bacs en un : l'Abitur allemand et le Baccalauréat français. Je  précise pour ceux que cela intéresserait, qu'il s'agit là d'un programme d'échange avec la France et que les élèves francais peuvent aussi passer l'ABIBAC en France.

 

Finalement, pour éviter toutes ces polémiques actuelles sur le BAC, je propose que l'on tire les leçons de ce qui s'est passé ces derniers jours en France pour accepter de réfléchir à nouvelles pistes susceptibles d'être explorées.  Par exemple: envisager un contrôle continu sur deux ans en plus de l'examen, ce qui rendrait moins intéressantes les fuites concernant les sujets du Bac. 

 

Et pourquoi pas : que les surveillants d'examen se fassent remettre les téléphones portables à l'entrée de la salle d'examen, comme cela est la norme en Allemagne et a été exigé de chaque candidat au bac allemand lors de toutes les épreuves que mon fils a passées dernièrement! Cette mesure, évidente, était connue de tous à l'avance et n'a posé aucun problème!

 

Moi je dis: Bac-chiche!

 

 

 

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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 08:40

De 1974 à 1982, Helmut Schmidt était Chancelier de la République fédérale d'Allemagne. Il est aujourd'hui, à 91 ans, le politicien préféré des Allemands. Sa compagne durant 68 ans, Loki Schmidt, qui vient de mourir à l'âge de 91 ans, a eu droit, à Hambourg, à des funérailles quasi-nationales et à des articles célébrant une botaniste à la forte personnalité, qui, tout en étant femme de chancelier, était enseignante et avait consacré très tôt sa vie à la protection de l'environnement. Le célèbre écrivain allemand Siegfried Lenz lui a consacré dans l'hebdomadaire DIE ZEIT un hommage magnifique. Et tous les regards se tournent vers le vieil homme désormais cloué sur un fauteuil roulant, maintenant que celle qui était "sa plus grande critique" l'a quitté. Que va-t-il advenir de lui dorénavant ? Sur ce sujet, Loki avait aussi son point-de vue: "Je pense que, lorsqu'on on est marié et que l'on s'est habitué l'un à l'autre depuis si longtemps, la vie ne procure plus autant de plaisirs. À moins que l'on ait encore quelque tâche importante à remplir pour la communauté. Je suis persuadée que cela peut pousser un être à continuer, même quand il est seul."

 

 

Malgré son grand âge, Helmut Schmidt est un homme actif : il écrit des livres, tient régulièrement des discours et est sollicité sur tous les sujets actuels de politique. Il donne son avis sans ambages, même s'il affirme que sa popularité est due au fait que les gens, dans les temps de frustration sociétale, ont tendance à se tourner  vers les anciens "aux cheveux blancs"  pour prendre leur avis, parce que "les anciens ont l'air si dignes" et qu'ils "ne dérangent plus personne en prenant telle ou telle décision", car, non, dit-il "je ne suis plus un politicien".

 

Mais sa -fausse?- modestie ne trompe personne: Avec Adenauer, Willy Brandt et, dans une moindre mesure Helmut Kohl (chute du Mur aidant et l'art d'être au bon endroit/dans la bonne fonction au bon moment), Helmut Schmidt a été l'un des responsables politiques les plus avisés, les plus réfléchis dans un pays coupé en deux par la guerre froide. Un chancelier aux nerfs d'acier et prêt à assumer des décisions risquées, ne serait-ce que pour sa carrière (en Allemagne, il est considéré comme normal qu'un politicien rende des comptes de ses actions devant le parlement).

 

L'avis de "l'ancien" chancelier est écouté et le vieil homme ne se prive pas de le donner.

 

Il ressort des ses entretiens quelques vérités toujours bonnes à dire et hélàs, une pointe de désillusion, voire de fatalisme sur la politique à courte vue pratiquée de nos jours par les politiciens. Helmut Schmidt, même s'il est féroce dans ses propos, est trop bien élevé pour employer des termes de non retour. Mais on peut les interpréter ainsi: les politiciens sont en droit d'avoir un "ego", mais, hélàs, il ne le mettent pas principalement ni entièrement au service de la communauté.

 

Il est donc instructif, voire amusant de lire les commentaires qu'il livre dans la partie de l'hebdomadaire Kinderzeit destinée aux enfants et aux jeunes. En fait, on devrait obliger les politiciens de tous bords à lire précisément cette partie du journal dans la catégorie : retour aux fondamentaux!

 

Un exemple s'impose. Je conseille aux lecteurs de lire une première fois ce qui suit et ensuite, de substituer le terme de président de la République française à celui de chancelier (allemand). Comme on dit en bon français : "y a pas photo!"

  

Kinderzeit: Le chancelier fédéral est-il la personne la plus puissante du pays?

 

Schmidt: Le  plus puissant ?  On ne peut pas dire cela: les 614 personnes siégeant au Bundestag (parlement) - les députés - sont plus puissants. Si parmi eux, 308 disent : je ne veux pas de cette loi, alors cette loi ne verra pas le jour. Il ressort de cette situation que le chancelier doit posséder une qualité importante: savoir faire des compromis. Cela veut dire qu'il doit se mettre d'accord avec d'autres, qu'il doit être capable de céder sur certains points.

 

Kinderzeit: Quelles sont les autres qualités que doit posséder un chancelier ?

 

Schmidt: On doit, par exemple, être capable de bien expliquer  ce que l'on veut, pour faire en sorte que cela soit compris par le plus grand nombre - même les choses qui paraissent fausses, on doit être capable de les entendre! Et puis il y a des vertus que tout citoyen devrait à vrai-dire posséder, mais qu'un politicien se doit de posséder tout particulièrement : on ne doit pas faire peser la faute sur les autres. On doit être courageux. On doit absolument dire ce que l'on pense - et non ce que l'on pense que les gens aimeraient entendre. Encore quelques points très pratiques : les politiciens doivent posséder au moins deux langues étrangères, afin de pouvoir s'entretenir avec les représentants d'autres pays. Surtout l'anglais, mais aussi l'espagnol, le russe et le chinois sont très importants."

 

J'ai eu beau relire, il a bien fallu que je me rende à l'évidence. Celui qui a symbolisé dans les années 70, avec Giscard d'Estaing, le "couple franco-allemand", n'a même pas mentionné le français comme langue conseillée! 

 

Qu'est-ce à dire? Le moteur franco-allemand aurait des ratés?...

Et puis, cher Monsieur Schmidt, je me demande pourquoi, dans nos entretiens, on ne vous entend jamais vous attarder sur la personne du président français pour lui tresser des louanges... 

Serait-ce qu'à 91 ans passés, vous pensiez ne plus avoir le temps de perdre votre temps et que vous vouliez vous consacrer - plus encore qu'auparavant - à l'essentiel?...

Mais ce doit être un "oubli", certainement... 

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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 18:08

C’était aujourd’hui ou jamais. Il fallait bien fêter ce moment d’histoire. Dix ans, c’est court pour des célébrations. Vingt ans, c’est opportun, c’est le temps d’une génération: celle des Allemands nés en 1989, ils ont 20 ans en 2009, c'est la première génération qui n’a pas vécu le „Mur“.

 

L’Allemagne fête en effet aujourd’hui le vingtième anniversaire de la Chute du Mur de Berlin, mais la ville a déjà fêté tout le week-end cet événement. Des dizaines de milliers de personnes sont venues admirer le „Mur de dominos“ en polystyrène qui a été érigé pour la circonstance sur un kilomètre et demi, qui a été décoré par des artistes et des écoliers de toute l’Allemagne et qui sera symboliquement détruit lundi soir. L’ancien syndicaliste et president polonais Lech Walesa*et l’ancien premier minister hongrois Nemeth* donneront le coup d’envoi à la chute du "Mur de dominos" devant le Reichstag, tandis qu'au même moment, des écoliers et le président de la Commission européenne feront tomber les premiers dominos du dispositif sur la place Potsdamer Platz. La fête de la Liberté à Berlin, à laquelle des centaines de milliers de visiteurs sont attendus, couronnera les festivités liées à cet anniversaire. Y prendront part également des chefs d’États et de gouvernements  ainsi que la ministre des affaires étrangères américaine Hillary Clinton et le président russe Dmitri Medvedev.

 

Que fête-t-on en réalité au bout de vingt ans avec la chute du Mur de Berlin?  La liste est longue , entre autres : la fin d’un régime peu soucieux des libertés individuelles, la réunification d’un pays scindé en deux par la Guerre froide au terme d’une abominable Seconde guerre mondiale, le balbutiement d’une Union européenne en pleine expansion géographique, bref un nouvel ordre mondial dans la foulée d’une redistribution politique des cartes à l’échelle européenne.

 

Pour sa part, Angela Merkel, qui est née et a grandi en République démocratique allemande,  a déjà prononcé dimanche soir un discours vantant le courage montré à  l’époque par ses concitoyens.

 

   "Les citoyens ont fait preuve de courage lorsqu’ils se sont dressés contre la dictature communiste”, a dit la Chancelière dimanche à Potsdam. Vingt ans plus tard, Angela Merkel exhorte ses concitoyens à s’inspirer de cet exemple pour s’engager en faveur des autres et contre l’injustice. “Ce que nous avons vécu devrait nous motiver à continuer à montrer du courage“. Puis, elle s’est adressée à l’ancien dirigeant de l’ex-Union soviétique, présent dans le public, en lui disant ces mots : „Vous n’êtes pas intervenu. Et cela, mon cher  Mikha ïl Gorbatchev,  a réprésenté beaucoup, vraiment beaucoup."

Quant au Ministre fédéral des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, il a exprimé  lors de la même soirée la profonde gratitude de l’Allemagne envers les États-Unis pour l’aide qu’ils lui ont fournie à l’époque.  Mais il a déclaré qu’il n’était pas exact de dire que le Mur était tombé. “Il a été défoncé. Défoncé par des gens et défoncé de l’Est vers l’Ouest. Il a été pris d’assaut et renversé, creusé, démoli, au cours d’une révolution pacifique.“ Il ne s’agirait pas d’oublier, a-t-il précisé, combien de gens sont descendus dans la rue même avant la chute du Mur et y ont risqué leur vie. “Ce sont eux, les héros“, a déclaré ce membre du parti centre-libéral FDP.

Hillary Clinton a donné également de sa personne en appelant à faire tomber de même les „murs du 21ème siècle“ et elle a cité comme enjeu international majeur la lutte contre le terrorisme, contre la prolifération des armes atomiques et la lutte contre le changement climatique.


Étonnant, non?

Mon programme de cinema était aujourd’hui à l’unisson de cette célébration. Comme sur une carte postale, on pouvait lire :

La Vie des Autres Entre les Murs          

Bons Baisers de Russie

 

Goodbye

Lenin !

 

 

*Le syndicat polonais Solidarnosc, conduit par Walesa durant les années 80 a fait vaciller les bastions du communisme, tandis que c’est sous le régime de Nemeth qu’en été 1989, les dispositifs frontaliers austro-hongrois ont été détruits.
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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 15:49
Suite aux deux articles que j'ai publiés récemment sur ce blog en ce qui concerne la question carcérale en France et l'analyse qu'en avait faite Robert Badinter sur la station de radio de France Inter, on s'aperçoit que le problème constant relatif à l'impératif de sécurité qui relègue au second plan, voire même nie le droit tout aussi vital à l'intimité du détenu est considéré comme très préoccupant dans un rapport effrayant qui a été publié par le contrôleur général des prisons Jean-Marie Delarue et qui fait l'objet d'un article dans le Monde du 08 avril 2009, intitule : La sécurité passe aussi par le respect de l'intimité (cliquer sur le titre pour accéder à l'article). La lecture de cet article est, hélas, très instructive.


 
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