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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 16:43

La chancelière a prouvé une nouvelle fois qu’elle sait prendre les coups, d‘où qu’ils viennent. Même quand on lui met la pression… dans le dos.

 

 

Lors d’un récent meeting politique de son parti (CDU) à Demmin, dans l'Est de l'Allemagne, un serveur lui a renversé par inadvertance cinq verres remplis de bière dans le dos. Vu la taille des verres, cela devait faire deux à trois litres qui lui ont été déversés le long de la nuque, mais A. Merkel a pris cette douche de houblon inattendue sans s’émouvoir et a continué de bavarder comme si de rien n’était, se contentant de passer une fois la main dans les cheveux et laissant les réactions de panique à son entourage qui s’est précipité pour essuyer toute cette bière et les bris de verre. Puis, selon les  propos-mêmes du malheureux serveur, « la réaction de la chancelière a été très étonnante :  elle s’est retournée, m’a fait un sourire moqueur et s’est rendue, toute mouillée qu’elle était, à la tribune. »  

Par la suite, elle a levé un verre … de bière (sinon rien !) et a porté un toast. Prost !

Et le serveur maladroit, dans tout cela ? Il paraît qu’au moment du « drame », il a crié un « Scheiße ! » (« merde ») retentissant et qu’il était bien embêté. Pour se faire pardonner, il a proposé d’offrir personnellement un bouquet de fleurs à la chancelière.

On peut dire qu’il s’en sort bien d'être tombé (sic) sur la chancelière. 

En effet, il y a fort à parier que, dans certains autres pays même européens, une telle maladresse aurait pu être considérée comme un crime de lèse-majesté et l’aurait conduit tout droit, au mieux, au Pôle emploi ! Peut-on imaginer une seconde la réaction d’un dirigeant comme – allez, un au hasard – Poutine ? L’idée fait froid dans le dos…

Angela Merkel, dont le calme apparent n’était pas sans rappeler le personnage de la première ministre de la série danoise Borgen-une femme de pouvoir, a pris cette agression involontaire à la bière avec philosophie, n’a pas réprimandé le serveur pour sa gaucherie et n’a pas exigé son renvoi. Et cependant, la chancelière, forte du respect qui lui est dû, aurait pu se mettre en colère contre le malheureux fautif, lui asséner des paroles du genre : « Casse-toi, pauv' empoté ! » ou l’accuser de l’agresser tel un dangereux terroriste durant un déplacement électoral. D'autres l'auraient peut-être fait. 

Ce n'est pas son style. Sans doute pas son caractère non plus. 

Il est vrai qu’en Allemagne, si un dirigeant s’en prenait verbalement de la sorte à un citoyen devant les caméras et qui plus est, pour une faute commise par inadvertance, sa carrière politique en prendrait un sérieux coup auprès de la population. 

 « Angela Merkel, la chancelière cool », encore un exemple à suivre… ?

Pour savoir garder sa contenance en toutes circonstances, certainement.

Bref, cet incident ne tendrait-il pas à prouver qu'un dirigeant politique peut tout-à-fait être "normal" au sens où il n'exige pas d'être traité comme un demi-dieu?

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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 17:42

Peu de gens le savent - je l'ai moi-même appris aujourd'hui par hasard par une vidéo sur l'Internet (bakchich.info) -, mais chaque dernier mercredi du mois, le gratin de ce qu'on appelle négligemment "l'élite" du monde politico-médiatico-économique et financier français se réunit à huis-clos dans les salons feutrés de l'ultra-sélect hôtel Crillon pour célébrer le "dîner du siècle". Invitations sur recommandations d'initiés, nous dit-on. Cette pratique est-elle inspirée du fameux film "Le Dîner de Cons" si prisé dans les vidéothèques familiales, je ne me suis pas encore renseignée à ce sujet, mais l'un n'exclut pas forcément l'autre... surtout quand on lit les noms des personnes considérées (par qui?) comme étant dignes de participer à ce dîner. D'ailleurs, le fait d'appeler "Dîner du siècle" une pratique qui se répète une fois par mois tendrait à faire planer un doute sur la valeur et le sens des mots employés par les participants de ces fameux dîners. Le dîner des mégalos, peut-être? Mais je mets peut-être la barre de l'exigence intellectuelle et de l'intégrité civique très haut. Néanmoins, on nous dit que c'est "l'élite" qui se réunit ainsi dans le plus grand secret.

 

Sans parler plus avant de l'incongruité "politico-médiatico-économique et financière" de cette pratique en ces temps de raz-le-bol de "la France d'en bas" qui se lève tôt pour travailler plus pour gagner le droit de travailler plus", je renvoie mes lecteurs à l'un des récits publiés dès 1883 par l'écrivain Villiers de l'Isle-Adam dans ses fameux "Contes cruels", qui s'intitule : "Le Plus Beau Dîner du Monde". Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à ce récit violemment ironique qui décrit certes un dîner de province entre notables, mais le parisianisme n'étant qu'une forme de provincialisme, on peut établir facilement un parallèle. Avec son talent d'observation et de narrateur, l'auteur nous livre la description à la fois ironique et comique d'une société bourgeoise obnubilée par les choses matérielles, le mot "argent" s'y trouvant répété à satiété.

 

Reste à savoir si l'on pourra dire aussi de ce "dîner du siècle" que "le dîner fut brillant, très brillant" ?

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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 17:16
Je vous livre ci-après une petite phrase sans panache, mais hélàs éternellement d'actualité, du ministre des finances allemand, Peer Steinbrück*, publiée cette semaine dans la partie magazine no. 7 de DIE ZEIT :

"Quand un homme en arrive à estimer que la fin justifie les moyens, alors il y a péril en la demeure."**

Peer Steinbrück, pour ceux qui ne le connaissent pas, a son franc parler et s'est retrouvé en disgrâce auprès de notre président de la République, depuis qu'il a "osé" lui parler d'égal à égal, lui reprochant notamment,
lors d'une réunion des ministres des Finances européens à Bruxelles, de "préférer faire des cadeaux fiscaux de plusieurs milliards d'euros à ses électeurs plutôt que de respecter le plan d'économies européen"***. Réaction de notre président, apparemment toujours non habitué aux moeurs allemandes en matière de débats politiques : "Qu'est-ce qui vous prend de me parler sur ce ton ?". - Et qui pis est, la Chancelière n'a pas jugé bon de réprimander son ministre.
Ils sont fous ces Germains !?
Au lieu de cela, elle préfère s'en aller demander des comptes au Pape sur sa piteuse gestion de la réhabilitation d'un évêque négationniste ! Ce n'est pourtant pas elle, la fille aînée de l'Eglise (elle est protestante) ! Mais heureusement qu'elle s'en est mêlée, puisque d'autres ne le font pas (suivez mon regard sur la fille aînée...)!

Ne sont-ils pas quand-même bizarres, ces Germains, avec leur franc parler politique, leur télé, leur presse et même leur justice indépendantes ? De surcroît, ils ont même une femme au gouvernement, qui ne leur a toujours pas fait honte à l'étranger à ce jour...

Au lieu de cela, elle gouverne en coalition avec des ministres du parti adverse (comme Steinbrück - SPD) et, sans passer son temps à nous faire flipper constamment sur les effets, certes inéluctablement désastreux, de la crise, elle refuse de nous la faire "superwoman sauvant le monde", au risque de se faire critiquer pour sa passivité.

Quant à Steinbrück, il paraît qu'en plus des cigares, il aime jouer au loto....

*  Peer Steinbrück, 62 ans, est ministre fédéral des finances.
**"Wenn ein Mann zu dem Ergebnis kommt, dass der Zweck die Mittel heiligt, dann wird es gefährlich".

***Propos publiés dans le journal allemand Rheinische Post et rapportés dans le Nouvel Observateur du 06 juin 2008
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24 novembre 2008 1 24 /11 /novembre /2008 09:10

 Au départ, j'avais l'intention de traduire des extraits d’un entretien en allemand entre l’ancien Chancelier allemand Helmut Schmidt et la rédaction de l’hebdomadaire Die ZEIT*, dont Schmidt est également co-éditeur.

 

Ce faisant, je me suis aperçue que l’anecdote que je voulais rapporter nécessitait un petit retour sur le passé franco-allemand, notamment dans le contexte des relations désastreuses que vit actuellement le « couple » franco-allemand. Mais il est vrai que notre président de la République, obnubilé par son sens douteux de l’humour, s’entête à faire semblant de prendre le mot « couple » au pied de la lettre quand il y fait référence**, au grand dam des Allemands, comme ce fut le cas lors de son discours de remise du prix Charlemagne à Angela Merkel à Aix-la-Chapelle, destiné à récompenser l’engagement de la Chancelière allemande pour l’Europe. 

 

Tout le monde s’accordera à dire qu’il faut évidemment des hommes politiques d’exception pour représenter un pays, notamment au niveau international.

 


Prenons le cas de l’Allemagne et faisons à cette occasion un petit rappel.

 

Helmut Schmidt, qui fut le Chancelier social-démocrate (SPD) de la République fédérale allemande de 1974 à 1982, est d’après de récents sondages l’homme politique le plus apprécié des Allemands, qui aiment chez ce vieux fumeur invétéré de 90 ans, mélomane et pianiste à ses heures, la rigueur de son analyse sur les problèmes de notre société et son humour pince sans rire (il a d’ailleurs la réputation d’un polémiste redoutable), qui déteste « l’esbroufe » ; ils apprécient surtout chez cet homme sûr de lui, mais dépourvu de toute vulgarité, la sobriété et la retenue dont il fait preuve dans l’expression de ses opinions, pourtant parfois tranchées. Pour les Allemands, de quelque bord politique ils puissent être, Helmut Schmidt fait ainsi figure de sage et aucun autre homme politique n’est autant respecté dans le pays.


Dans la mémoire des Français, il  symbolise, notamment durant la période du « couple historique » qu’il formait avec Valéry Giscard d’Estaing, la constance de la coopération franco-allemande et la fonction de locomotive que le couple franco-allemand faisait à cette époque dans le cadre de la construction européenne.


 

Laissant à d’autres le soin de passer éventuellement en revue le contexte politique des années 70-80 (y a-t-il des Nains historiens dans la salle ?), je me contenterai d’évoquer l’image que j’avais déjà d’Helmut Schmidt à cette époque, quand j’étais encore enfant, lorsque toute la famille regardait les actualités à la télévision : celle d’un homme grave sans être austère, fumant constamment la pipe ou le cigare, photographié aux côtés de notre président de la République d’alors, Valéry Giscard d’Estaing, avec lequel, disait-on, il s’entendait bien. Je suppose que cela voulait dire en clair qu’ils se respectaient mutuellement. Cette image m’a marquée, pas autant bien sûr que celle de l’ancien chancelier Willy Brandt (1913-1992), s’agenouillant devant le mémorial du ghetto juif de Varsovie en 1970 en mémoire des victimes du nazisme. Bien qu’étant encore enfant, j’ai été très impressionnée par cet acte d’humilité fait par un homme politique qui assumait symboliquement à cet instant tout le poids des atrocités commises par les Nazis au nom de son pays. Ce geste fort était au-delà de toute demande de pardon et en le faisant, Willy Brandt prouvait que la grandeur d’un homme d’État s’exprime bien plus véritablement dans un acte d’humilité fait au nom de son pays que dans les ors, privilèges et fastes liés à sa fonction.

Mais dans le contexte de la politique-people que nous subissons quotidiennement dans certains pays européens, il semble qu'il ne reste souvent des politiciens que la médiatisation de leur geste le plus futile ou de leur (mauvais) bon mot.


 

 

Voici  donc un extrait de l’entretien donné récemment par Helmut Schmidt dans DIE ZEIT* :

 

Die Zeit :

« Vous avez déjà reçu chez vous les hommes les plus puissants de la planète. Pourquoi teniez-vous tant à recevoir en privé des présidents et des aristocrates ? »

 

Helmut Schmidt :

« Parce que dans une atmosphère privée, les gens sont plus enclins à s’ouvrir à leur interlocuteur que lors de rencontres dans une salle de réunion, où l’on est entouré de nombreux diplomates des deux côtés de la table, qui notent scrupuleusement chaque mot prononcé. Et par ailleurs, dans le cas de certains invités, comme par exemple Brejnev, Giscard d’Estaing ou le président américain Gerald Ford, j'aimais bien également leur présenter la modestie petite bourgeoise de ma résidence.

 

Die Zeit :

N’est-on pas un peu gêné lorsqu’on invite à Langenhorn un aristocrate à l’air pédant comme Giscard d’Estaing ou bien le roi Juan Carlos, alors que ces derniers vivent dans des palais et non  dans des bungalows ?

 

Helmut Schmidt :

« Mais pas du tout - bien au contraire ! Je ressentais une certaine fierté en leur montrant qu’on peut vivre tout aussi bien avec un train de vie beaucoup plus modeste."

 

Die Zeit :

Y a-t-il une partie d’échecs dont vous vous souvenez plus particulièrement ?

 

Helmut Schmidt :

« Non, mais je me souviens d’un jeu d’échecs pour lequel j’ai gardé une affection particulière. C’est un jeu que j'ai taillé moi-même dans le bois durant ma captivité quand j’étais prisonnier de guerre. Il mesurait à peu près 15 cm sur 15 cm, les cases noires étaient teintes avec de l’ersatz de café. Dans chaque case, il y avait un trou ; ainsi, on pouvait y enfoncer les petites figurines en bois. J’ai ramené ce jeu à la maison, il se trouve encore aujourd’hui quelque part dans une armoire. »

 

*Entretien donné cette semaine dans la partie magazine de DIE ZEIT n°48, intitulée « Le temps d’une cigarette avec Helmut Schmidt – sur les parties d’échecs avec son épouse et des hommes puissants de la planète»

 

** Remis à Angela Merkel  le 1er mai 200, le prix Charlemagne est une distinction qui récompense les personnalités les plus engagées dans l’unification européenne. Pendant le discours prononcé à cette occasion par notre président de la République, ce dernier a fait une blague douteuse sur le couple qu’il forme avec Angela Merkel et ce, en s’adressant au deuxième mari de Madame Merkel, qu’il a appelé Monsieur Merkel, alors que Merkel est le nom de son premier mari !  Inutile de dire que l’auditoire allemand était un peu « interloqué »….

Voici l’extrait en question (article du Nouvel Observateur-01-05-2008 – intitulé : « Sarkozy fait l’éloge d’Angela Merkel) :

"La presse parle beaucoup de notre couple", a-t-il remarqué en se tournant vers l'époux d'Angela Merkel, Joachim Sauer, qu'il a appelé "M. Merkel", le nom du premier mari de la chancelière dont elle a divorcé.

"Je voudrais lui dire de ne pas croire ce qu'écrivent les journaux. J'aime Angela Merkel beaucoup plus que ce qu'ils disent", a-t-il assuré.

"En douze mois (...) nous nous sommes vus douze fois et compte tenu de son emploi du temps, je suis prêt - M. Merkel - à comparer nos agendas. Angela et moi nous formons un couple harmonieux!", a-t-il insisté.

 

 

 

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