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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 11:06

Me voilà de retour après des mois d'absence dans la rubrique littérature.

Il est sorti lundi, en pleine semaine de surbookage...j'ai du attendre hier soir pour le dévorer...

Les éditions Zulma, une fois de plus ont habillé ce livre avec géométrie et couleurs, un peu à la Mondrian. Cela nous rappelle la couverture à la Delaunay de notre si délicieux  Rosa candida (en vignette ci-dessous)

l-exception-hd-copie-1.jpg

 

rosa-candida-zulma.jpg

L'auteur Audur Ava Olafsdottir, cette fois-ci aborde la rupture, la séparation, et la reconstruction de soi-même après cette déchirure imprévisible, mais tellement visible après introspection: le coming out de l'être aimé avec qui l'héroïne avait prévu de vivre non  pas pour l'éternité , mais au moins pour un demi-siècle .

Tout commence à l'aube d'une nouvelle année...Floki s'en va avec Floki, son collègue, son amant, son complice dans leur travail sur la théorie du chaos. Et cette parole perdue dans les bruits des pétards de la nouvelle année et le flop du bouchon de champagne sème le chaos dans la vie de cette femme qui n'a rien vu venir.

Floki avec Floki, les enfants jumeaux, les deux papas de Maria, les deux Albert; les doubles vies:  beaucoup d'êtres vont par deux, même les arbres...cette duplicité, cette dualité est peut-être une source d'équilibre dans ce monde.

(déjà dans Rosa Candida: le héros avait un frère jumeau rappelez-vous et dans l'embellie aussi l'amie quelque peu déjantée attendait des jumelles)

Tel un hamac accroché en pleine nuit hivernale islandaise entre les deux sorbiers du jardin: un équilibre un peu farfelu sous l'infinité du ciel étoilé.

Maria , restera la femme de la vie de Floki, l'exception de la vie de Floki. Mais cela ne change en rien la solitude et le désarroi de Maria qui sont pris en charge par l'étrange voisine Perla, une naine pétillante conseillère conjugale et auteur de polars pour un romancier policier en manque d'inspiration. Ce personnage peu conventionnel, autre exception,  nous rappelle un peu dans ses discussions avec Maria les échanges du héros avec le moine jardinier/cinéphile dans Rosa Candida.

Maria avance dans le cheminement de sa nouvelle vie en se recontruisant peu à peu, au gré des allers retours  et des découvertes dans son passé et des échanges quotidiens avec Perla. 

Tout cela pour aboutir à la recherche d'une autre exception d'un an à peine, espérée depuis 6 ans et plus, venue d'ailleurs qui aidera peut-être à la reconstruction d'un nouvel équilibre pour notre héroïne engagée de longue date dans l'aide humanitaire.

Dans ce livre toujours aussi bien écrit et traduit par Catherine Eyjolfsson (merci chère traductrice de nous offrir pour la 3ème fois ces bonheurs littéraires islandais), la poésie est toujours là : la description visuelle et sensuelle de la nuit polaire, de la neige, de la mer avec ses crêtes gelées, de la lave arrêtée à jamais en pleine lande arctique...rien que du bonheur.Et comme toujours l'humour est là à chaque chapitre, et un rire ou un sourire nous emporte un peu plus loin .

Je ne peux évidemment que vous dire d'aller très vite chez votre libraire préféré(e), et de vous procurer ce livre.

Et  comble de bonheur si vous avez manqué Rosa Candida et L'embellie les deux  précédents romans: ils sont sortis tous les 2 en poche !

Naine Mithril

N'hésitez pas à relire l'article sur Rosa Candida (février 2011 rubrique littérature)

rosa-candiada.jpg

l-embellie-9782846667739_0.gif

 

ou si vous préférez avec la collection zulma :

l-embellie-original.jpg

 

Pour ceux qui souhaite lire l'embellie:

C'était l'histoire d'une jeune femme peu conventionnelle, qui vient de rompre avec son amant occasionnel (ou est-ce lui qui a tenté de rompre?? Un doute plane), et qui se retrouve abandonnée par son mari avec qui elle n'a jamais vraiment communiqué . Cette femme un peu fantasque, totalement maladroite avec les jeunes enfants et peu tentée dans le fait de devenir un jour une  maman (un passé douloureux évoqué en italiques semble en être à l'origine), se voit confier par son amie musicienne Audur enceinte de jumelles ( amie totalement à l'ouest) pour quelques jours un enfant de 4 ans sourd et avec de grosses lunettes. Elle, une traductrice de plus de 10 langues différentes, linguiste confirmée se voit confrontée aux problèmes de communications avec Tumi qui la prend un peu au dépourvu. Au début désemparée, ele entreprend un  voyage autour de l'île noire, l'Islande si chère à l'auteur, île noire qui ressemble "à un chien" selon Tumi. Avec cet enfant, elle apprend peu à peu à le comprendre, à communiquer au delà des simples mots en un mot à l'aimer. Durant ce voyage peu commun dans les landes arctiques, cette femme va de rencontre en rencontre, d'aventures intimes en aventures intimes. Ce livre comme le précédent, met en avant la sensualité : pas seulement sexuelle, mais aussi gustative (le livre s'achève avec des recettes) , olfactive, visuelle, tactile, auditive...en un mot un livre sur la sensualité de la vie.

 


 

 

 

ci-dessous un extrait des 11 questions posées à l'auteur lors de la sortie de l'embellie sur le site

lechoix deslibraires.com

  • Le courrier des auteurs : 10/09/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Je ne suis pas sûre. Je pense qu´il y a plusieurs moi en chacun de nous et en chacun de ces moi quelque chose d´inconnu. Tant mieux. La vie est changement et je suis en constante recherche des lieux, des livres et des rencontres qui puissent me permettre de me dépasser et d´avoir un regard neuf sur le monde.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Même si l´Embellie est l´aventure d´une héroïne insolite qui effectue un voyage intérieur ou métaphysique tout comme le protagoniste de Rosa candida, c´est plus complexe que ca. Je pose dans ce roman des questions sur la liberté, sur le temps, sur le hasard (... l´infortune suscite parfois des malheurs à la chaîne, de même que la veine peut attirer la veine... p. 132) et surtout sur le rôle du langage dans la communication. Pour une héroïne qui parle une quantité de langues mais n´a pas la parole particulièrement facile, il fallait un partenaire de voyage qui ne parle pas pour montrer qu´il existe un monde au-dessus des mots. Je ne crois pas que les mots puissants rendent compte de notre réalité, la communication passe aussi par les gestes, les regards, par le toucher, le sentir et le goûter. Or l´Embellie est aussi un roman sur le corps et l´expérience où la perception corporelle joue un rôle important dans la vie de l´héroïne. Mais ce n´est pas seulement un livre sur le corps d´une femme, mais aussi celui sur le corps d´une île.
Le livre a été très bien reçu en Islande (encore mieux que Rosa Candida) et a eu un prix important. Un critique islandais a écrit que le livre était «... entièrement féminin, comme si l´auteur avait voulu lancer un défit aux scènes de corrida de Hemingway !... Je crois - au moins je l´espère - qu´il a voulu dire par là que je lance un défi aux stéréotypes littéraire de la masculinité et la féminité !

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Mon éditeur espagnol m´a expliqué qu´il avait tenté de choisir une phrase clé du livre et qu´il s´était trouvé avec dix pages rempli de phrases clés !
Peut être je pourrais tenter celle-là : «Les femelles veillent sur la progéniture les unes des autres, c´est en tout cas ce que font les canes du lac. (p.140).

Si c´était un passage ca pouvait être celui-ci :... C'est à ce moment précis que m'effleure pour la première fois l'idée que je suis une femme au milieu d'un motif finement tissé d'émotions et de temps, que bien des choses qui se produisent simultanément ont de l'importance pour ma vie, que les événements n'interviennent pas les uns après les autres, mais sur plusieurs plans simultanés de pensées, de rêves et de sentiments, qu'il y a un instant au coeur de l'instant. Bien plus tard seulement, la mémoire fera son tri et discernera un fil dans le chaos de ce qui a eu lieu. C'est exactement ainsi que les destins d'une femme et d'une bête s'entrecroisent. La conductrice écoute une chanson espagnole d'amour et de regret, elle jette un bref coup d'oeil dans le rétroviseur pour voir comment son petit compagnon de voyage sourd se débrouille avec son Chocolait et sa banane, au même moment un mouton décide de traverser la route juste au nez de la voiture, ou bien prend peur... que sais-je du fonctionnement psychique d'un représentant de la souche antique et pure des moutons d'Islande ? Le temps est un film qui passe au ralenti.... (p. 203)

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Quand la femme protagoniste écrase un mouton sur son chemin elle écoute une chanson espagnole d'amour d´un film d´Almodovar qui dit ; piensa en mi
Cuando sufras. Quand tu souffres, pense à moi.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Mon monde imaginaire et mon écriture qui est différente d´autres écrivains tout comme leur monde est différent du mien. J´avoue aussi avoir des choses à dire !

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Non, il me faut juste un stylo ! Je peux écrire n´importe où sauf si je souffre du mal de mer.
C´était pareil pour les grecs anciens et l´amour. S´ils souffraient du mal de mer ils ne pouvaient pas tomber amoureux.

7) Comment vous vient l'inspiration ?
Elle est toujours là. Mais comme j´enseigne toujours à plein temps à l´Université d´Islande, c´est surtout le temps pour écrire qu´il me manque.

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?
Je lisais déjà islandais à 4 ans mais comme je ne trouvais pas toujours des livres que j´aurais aimé lire je m´inventais des histoires. Mais j´étais encore trop petite pour écrire. En lisant je «corrigeais» souvent des livres d´enfant en rajoutant des pages ou même des chapitres entiers ! Je savais qu´un jour j´écrirai des livres mais c´était encore un secret et je n´étais pas pressée non plus car je voulais d´abord tenter d´autres aventures. Ce que j´ai fait. Aujourd´hui je fais un peu comme dans l´enfance ; j´écris des livres que j´aurais aimé lire mais que je ne trouve pas. Ce qui ne m´empêche pas d´apprécier des oeuvres d´autres écrivains.

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lectrice) ?
Quand j´ai appris à lire et que j´ai découvert que j´avais accès à un nouveau monde où tout étaient possible et qui était sans restrictions du temps et de l´espace.

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
Non. Mais quelqu´un a dit qu'un lecteur cherche dans un livre ce que lui manque dans sa vie.

11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Avec les vastes espaces de silence en Islande les librairies sont mes lieux préférés. D´ailleurs ils se ressemblent à bien des égards.

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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 13:32

Nachfolgend die schriftliche Umsetzung eines Beitrages im deutschen ZDF-Fernsehen von 2009 über die Veröffentlichung des Romans Unendlicher Spaß (Infinite Jest) von David Foster Wallace:

 

 

 

 

'Im September 2008 erhängte sich 46 jährig nach Jahrzehnten Depression einer der besten Schriftsteller seiner Generation: David Foster Wallace.

 

Unendlicher Spaß, im Original Infinite Jest, heißt sein Opus Magnum, es erschien bereits 1996. Aber erst 2009 auf Deutsch, es galt als unübersetzbar, wie Ulysses von James Joyce. Für unübersetzbar vielleicht, aber gewiss nicht für unlesbar. Obwohl der 1500 Seiten starke Roman seinen Bewunderern  Kondition und Hingabe abverlangt. Fragen Sie bitte nicht nach der Story, sie ist ein unüberschaubares Labyrinth zwischen Drogen und Klinik und Tennisakademie, wie das Leben des Autors. Es ist ein tief trauriges Buch, wenn man es durchsteht aber auch ein unendlicher Spaß, meint Miriam Böttger, die David Foster Wallace kannte und das einzige deutsche Fernsehinterview mit ihm führte:' 

 

„Es gibt Dinge, die man über das Buch nicht sagen sollte, wenn man ihm Leser wünscht. Man sollte vermeiden, das Buch anspruchsvoll detailliert und kompliziert zu nennen, verschweigen, dass es 1500 Seiten hat von einer Papierbeschaffenheit, die man sonst nur in Gebetsbüchern findet. Dass es über unzählige Fußnoten verfügt, auf keinen Fall darf das Wort „durchhalten“ fallen! Man sollte eigentlich auch keinen Fernsehbeitrag mit Außenansichten an das Buch anfangen, aber egal. Der Roman „Unendlicher Spaß“ von David Foster Wallace weist wirkliches Vergnügen, wenn man so etwas Altmodisches wie Disziplin aufbringt.

 

Als Wallace sich mit 46 Jahren 2008 das Leben nahm, verlor die amerikanische Literatur einen ihrer begabtesten und originellsten Schriftsteller. Bevor er sich dem Schreiben zuwandte, war Wallace so einiges, Tennisass mit guten Aussichten, Profi zu werden, Mathematik- und Philosophiefreak, Drogenkonsument. Schließlich ein von Fans und anderen Literaturgroßen  verehrter Schriftsteller, obwohl er sich selber vermutlich nicht so vorkam .  Bis zu seinem Tod lehrte Wallace an einem College in Kalifornien „kreatives Schreiben“. Er selbst wollte darüber schreiben, wie es sich anfühlt zu leben, statt davon abzulenken, wie es sich anfühlt, zu leben.

 

D. F. Wallace: „Wenn ich etwa lese, das gut und wahr ist, gelingt es mir die Mauer meines Selbsts zu überwinden, Teil einer anderen Person zu werden, wie ich es sonst nicht kann. Wie wir alle es im normalen Leben nicht können. Ich merke dann plötzlich, dass andere Menschen genauso denken, reden und fühlen wie ich. Denn ich habe manchmal Angst, dass etwas mit mir nicht stimmt, dass niemand so ist wie ich. In dieser Art von Gemeinschaft und Mitgefühl liegt ein unglaublicher Trost. „


Es gab selten jemanden, der sich so gut in alles Menschliche einfühlen konnte, gleichzeitig aber so klar denken und analysieren und so witzig pointiert und elegant formulieren, dass das Betrachtungswinkel auf geniale Weise um einige Grad verschoben war.

 

D. F. Wallace: „Ein Ausgangspunkt des Buches ist eine Grundhaltung, die man in der amerikanischen Kultur, besonders in der Unterhaltung und der Werbung findet, die sehr reizvoll ist für Menschen als Individuum,  nämlich, dass man sich nichts und niemandem unterordnet. Es gibt kein höheres Gut als das eigene Wohl und das eigene Glück. In meinem Buch aber zeigen einige Charaktere, dass - und davon bin ich überzeugt -, wir alle irgendetwas anbeten, dass wir alle diesen religiösen Impuls in uns tragen. Bis zu einem gewissen Grad können wir wählen, was wir anbeten. Aber es ist doch ein Irreglaube, anzunehmen, wir seien nur uns selbst verpflichtet. Wir geben uns immer einer Sache hin, sei es dem Genuss oder einer Droge oder dem Wunsch, viel Geld zu verdienen und uns schöne Dinge leisten zu können.“


Unendlicher Spaß ist seine Abrechnung mit der Unterhaltungssklaverei der Spaßgesellschaft, mit dem in der amerikanischen Verfassung verbrieften „Pursuit of Happiness“, dem Recht nach Glück zu streben, das Wallace als Recht auf Betäubung, als Flucht vor den wirklichen Dingen des Menschseins empfindet.  Der Roman spielt in einer nahen Zukunft, der gregorianische Kalender wurde aufgegeben zugunsten der Sponsoren-Zeitrechnung. Firmen mieten vom Staat ein Jahr und pappen der Freiheitsstatue die Logo auf. Ein Teil der Handlung ereignet sich im Jahre der „Inkontinenzunterwäsche“. Einer der zwei Hauptfiguren ist Hall Incandenza, Zögling einer Elitetennisakademie und Wörterbuchfetischist. Die andere, Don Gatelee, wohnt in einem Asyl für Drogenabhängige. Wallace verteilt Details seiner eigenen Biographie auf  mehrere Protagonisten und Sphären, und lässt diese interagieren. Und dann gibt es im Buch auch noch diesen Film, der so unfassbar unterhaltsam ist, dass seine Zuschauer darüber Schlaf, Nahrung und Notdurft vergessen und in ihren Sesseln „verenden“.

 

All das galt lange als unübersetzbar.

 

Ulrich Blumenbach, den man wegen seiner Leidenschaft und Sprachenbesessenheit als "Extremist" unter den Übersetzern bezeichnen muss, arbeitete sechs Jahre an „Unendlicher Spaß“:

 

U. Blumenbach: „Ein  riesiger Wortschatz, der einfach sehr viel Recherche und Nacherschaffungen im Deutschen erforderte, sehr sehr lange Sätze, die einfach auch erst mal in ihren ganzen Perioden und so durchdrungen sein wollten, bevor ich anfangen konnte, sie auf Deutsch nachzubilden. Und dann eben auf der rein  inhaltlichen Ebene manchmal sehr finstere Geschichten über einzelne  amerikanische Figuren. Für Wallace brauche ich immer die großen enzyklopädischen Wörterbücher, […] fast immer dabei war das Roche Lexikon der Medizin, ein Slang-Wörterbuch, und auch noch eins auf Deutsch… Dann hatte ich mit dem Stapel auf dem Schreibtisch schon langsam Schwierigkeiten… Wie jeder gute Autor - oder auch wie jeder schlechte -  schreibt der man bei sich selber ab und hat einfach Formulierungen aus seinen Essays … im Roman wieder mit verwurstelt… ja, und so ging das dann…“


Ein Buch  wie das von Wallace erscheint heute fast anachronistisch. Seine Kunst, sein Humor, seine Klarsicht lassen etwas so fast wie Erlösung erahnen. Etwas, worauf viele sich sehnen, ohne es zuzugeben.'

 

Link zu dem Video im ZDF-Fernsehen:

 

http://www.youtube.com/watch?v=nZV9x8koFqA  

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 20:12

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L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet de Reif Larsen aux éditions NIL

Le film de Jeunet est très sympathique, le spectateur passe un chouette moment plein de tendresse, d'émotion, de sourires, et le jeune acteur qui joue TS SPIVET est parfait dans ce rôle.

La 3d ne s'impose pas mais amène un plus qui n'est pas désagréable.

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Mais passons désormais au livre, livre  que j'avais feuilleté par hasard il y a près de 3 ans au fil de mes déambulations dans les librairie du Nord. Ce livre m'avait séduite avec son format inclassable dans une bibliothèque ikéa (19,5 X23 cm: je le mets où?), avec ses petits dessins à gauche, à droite en haut qui pénètrent dans le texte, qui déambulent de page en page tels des éléments cartographiques au gré des pensées de notre jeune héros qui s'insinuent dans le récit. Et j'étais hélas tombée sous l'emprise d'un autre livre à l'époque et honte sur moi je l'ai oublié durant 3 ans...Mais Jeunet lui l'avait lu et a demandé à l'auteur l'autorisation de l'adapter au cinéma: merci M. Jeunet de m'avoir fait retrouver ce livre perdu, de m'avoir fait retrouver la mémoire.

Le fim de Jeunet met bien en valeur la part du livre sur cet enfant prodigieux qui cartographie sans cesse tout l'espace qui l'entoure et qui dessine et représente à sa manière le monde adulte : une manière de se l'approprier, de poser son regard sur ce monde des adultes si hypocrites parfois, adultes trop silencieux sur les sujets graves comme perdre son frère dans un stupide accident.

Mais le fim oublie toute la partie sur le passé, sur le journal de l'arrière arrière grand mère qui est  occulté et c'est dommage. Cette page sur la place des femmes au 19ème siècle dans le milieu scientifique (monopolisé par la gente masculine) est incontournable pour rétablir le lien de TS avec sa mère scientifique distraite , à la recherche d'une cicindèle improbable, de plus cela m'a fait revenir en mémoire un autre livre sur la place des femmes chez les scientifiques: "prodigieuses créatures" de Tracy Chevalier.

Et puis il y a aussi dans le livre toute la partie sur cette mystérieuse société secrète du Mégathérium qui n'apparait pas non plus dans le film: une société secrète en lutte contre tout dogmatisme et asservissement envers les états de la part des scientifiques. Ce club parait un peu loufoque mais permet à TS de rester lui même sans rentrer dans l'hypocrisie du monde des adultes et de retrouver sa place d'enfant auprès de son papa et de sa maman.

Voilà heureusement que j'ai lu le livre après le film, comme c'est souvent le cas, le livre est bien plus savoureux et vaste.

Mais Jeunet ne pouvait pas faire autrement que de faire des choix.

Donc un livre à lire, un vrai bonheur. Mais aussi un film à voir (avant le livre), un agréable et beau moment de cinéma, un road moovie en train / camping -car d'un enfant à travers les USA, alors qu'aucune image n'a été tournée

 aux États-Unis.

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Naine Mithrilde retour après...de longs mois.

 

PS: du Père Noël: attention ce livre sera bien placé dans ma hotte...des cadeaux en double ou à partager probablement.

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 10:56

On ne présente plus l'auteure de Rebecca , quoiqu'elle le mériterait bien, car elle est un peu mystérieuse, et surtout, j'ai l'impression en tout cas, quelque peu oubliée... Je crois que c'est dû à son nom!

A-t'on idée de s'appeler Daphné, un prénom qui pourrait nous diriger vers les romans à l'eau de rose de la série Arlequin (si ça existe encore), Du par-dessus le marché, est ce bien sérieux d'avoir une particule, je vous le demande quand on écrit des romans de suspense psychologique, frisant le fantastique, dépeignant la passion sous multiples formes, l'angoisse, la folie, et Maurier..... alors là, Maurier, je vous demande un peu, je ne sais pas d'où cela sort....

Bon, d'accord, Wikipédia est notre ami, mais je n'ai pas toujours envie d'approfondir certaines sensations....

Bref, j'y suis allée quand même, sur Wikipédia! et il se trouve qu'apparemment cette (autrefois) jeune dame a eu une vie assez dorée, qui lui laissa le temps d'écrire quelques romans, (elle aurait pu en écrire plus, hein, dis donc, étant données ses abominables conditions de vie!) dont Rebecca que vous connaissez tous, au moins par le film du Maître......

Je viens de me régaler presque coup sur coup avec La maison sur le rivage et Ma cousine Rachel, deux romans que je n'ai pas lâchés facilement, (ils sont courts, héhé!), et que j'ai donc lus de long en large et relus, retours en arrière, relectures de certains passages, etc etc, tout est permis en lecture comme le disait Mr Pennac... Comme toujours, je ne ferai pas d'article long, je voudrais juste faire partager un moment vraiment chouette d'envoûtante et divertissante  lecture, vous entraîner dans ces campagnes anglaises qui sont un personnage à elles seules, ou théâtre de héros troublés... 

Au lecteur (on dira plutôt: à la lectrice!) de  s'égarer aussi...

Comme il est agréable de se laisser emporter par ce beau langage, écriture traditionnelle peut-être, qui nous enroule en même temps que l'intrigue... Une voix qui nous raconte si bien une histoire, qui nous embarque dans un voyage en prenant le temps, en s'attardant sur les êtres et les choses, en ouvrant les portes à la rêverie, à l'imagination, à la réflexion aussi...

Vive la belle conjugaison!

Un extrait:

D'abord venait le pas des chiens - je ne comptais plus pour rien à leurs yeux, ils la suivaient partout comme des ombres - puis le bruissement de sa robe balayant les marches. C'était, je crois, de toute la journée, l'instant que je préférais. Il y avait dans ces sons quelque chose qui me remplissait d'un tel émoi d'anticipation, d'une telle attente, que je ne savais plus que dire ou que faire lorsqu'elle paraissait. J'ignore de quelle étoffe étaient faites ses robes, de faille, de satin ou de brocart mais elles paraissaient glisser sur le sol, se soulever et glisser de nouveau, et était-ce dû à la robe elle-même qui flottait ou bien à la démarche de celle qui la portait avec tant de grâce, mais la bibliothèque, austère et sombre avant son entrée, s'emplissait soudain de vie.

Une douceur nouvelle l'auréolait aux bougies, qu'elle n'avait pas dans la journée.  (Ma cousine Rachel

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 17:07

 

Les Ombres du Soir et les Hymnes à la Nuit

où "j'ai tellement rêvé d'avoir été"*.

 

Les Ombres du Soir, cette chanson figurant sur le dernier album d'Hubert Félix Thiéfaine (Supplément de mensonge), produit un effet bizarre sur moi chaque fois que je l'écoute, pour ainsi dire quotidiennement : elle déroule des paroles et un rythme  hypnotisants sur lesquels mes pensées s'envolent invariablement vers les Hymnes à la Nuit de Novalis, ce poète allemand du 18e siècle, déjà disparu à 29 ans, dont les poèmes en prose ou en rimes prenaient des accents hallucinés. Il y a fort à parier que si Novalis avait écrit ses poèmes aujourd'hui, il aurait été soupconné d'avoir commis ses poèmes sous l'influence de substances illicites.

 

 Mais voilà, Thiéfaine et Novalis ont cette particularité, dans leurs oeuvres respectives, de la folie contrôlée, du rêve et des hallucinations contrôlés.

 

Cependant, tandis que Novalis glorifie les forces nocturnes de la Nature qui transcendent son désespoir dans la figure du Christ , Thiéfaine s'y engage sans rien attendre d'autre que de se perdre et de plonger son désespoir dans les brumes féériques de laa Nuit. Mais leur motivation semble identique à l'origine: s'enfoncer au coeur-même de la Nuit et de sa noirceur tantôt limpide, tantôt brumeuse, non pas tant pour colmater la déchirure, que pour y nourrir le déchirement de leur condition humaine.

 

 

"Muß immer der Morgen wiederkommen? Endet nie des Irdischen Gewalt? unselige Geschäftigkeit verzehrt den himmlichen Anflug der Nacht. Wird nie der Liebe geheimes Opfer ewig brennen? Zugemessen ward dem Lichte seine Zeit; aber zeitlos und raumlos ist der Nacht Herrschaft."...

"Einst da ich bittre Tränen vergoß, da in Schmerz aufgelöst meine Hoffnung zerrann, und ich einsam stand am dürren Hügel, der in engen, dunklen Raum die Gestalt meines Lebens barg - einsam, wie noch kein Einsamer war, von unsäglicher Angst getrieben - kraftlos, nur ein Gedanken des Elends noch."  **

 

Toute la poésie de Novalis est une glorification de la Nuit salvatrice. Bien sûr, il n'est pas le seul à le faire: Eichendorff était également un maître du langage de la Nuit, du Clair de Lune. Mais si Novalis plonge profondément dans la noirceur nocturne d'un monde peuplé d'hallucinations,  celles-ci le font resurgir dans un monde intérieur transcendé par la foi dans le Christ. Les Hymnes à la Nuit accompagnent la misère et la splendeur du poète dans la fragilité de sa renaissance, voire de sa résurrection.

 

La Nuit et la forêt vont bien ensemble.  La lune caresse la brume. Certes, mais chez Thiéfaine, il reste avant tout la brume. Il revoit probablement celle des tranchées et des spectres des morts lumineux, comme il a vu pas mal de filles tomber souvent là-bas, du haut du pont, et faire semblant de se noyer en chevauchant leurs illusions***. Elle reste pour moi la plus belle phrase de cette chanson. La plus terrible aussi. D'une pathétique tendresse. 

 

Depuis des siècles... et ma mémoire.***    

 

* Extrait de la chanson de Thiéfaine: Petit Matin 4.10 Heure d'été

 

** Extrait des Hymnes à la Nuit (la traduction suivra bientôt...)

 

*** Extrait de la chanson Les Ombres du Soir

 

(J'aimerais tellement vous permettre de écouter la chanson Les Ombres du Soir, mais, hélàs, tous les liens Internet affichent un carré noir dans lequel on nous dit que les droits de diffusions ne sont pas délivrés dans certains pays comme par exemple en Allemagne.)

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 23:27

Deux romans à la suite, et deux ravissements.

Prodigieuses créatures, puis Le récital des anges. Deux romans qui se rencontrent, l'auteure, américaine ayant préféré vivre en Angleterre, nous raconte des histoires de femmes éclairées, des histoires d'émergence de la lumière. (La jeune fille à la perle...).

Prodigieuses créatures m'avait attirée à cause de son sujet, car je voulais l'offrir à ma fille, ma grande fille passionnée d'archéologie, d'histoires si anciennes qui éclairent l'aujourd'hui. Et voilà que dans Le récital des anges, j'y retrouve son prénom... Mais ça, c'est pour ma petite histoire. Toujours ramener à soi ce qui peut l'être...

à moins que l'on aime s'attacher à ses petits signes, des clignotants sur l'aujourd'hui, et les rencontres avec l'autrefois...

Tracy Chevalier s'intéresse à la Grande Histoire, tout en privilégiant le regard sur les "petites" gens qui en sont, les plus importantes.

Le récital des anges commence presque dans un cimetière, par la rencontre de deux familles aux tombes voisines... Les petites filles de  cinq ans deviendront amies, amies et rivales, et l'auteure nous mène rapidement sur les chemins de leur enfance, entre insouciance et drames qui verront basculer leur adolescence. Cela entre 1900 et 1910, après la mort d'une reine qui aura tant marqué une "époque".

Ces petites filles, l'une dont la mère semble absente à tout, l'autre qui semble encore plus confite dans les principes familaux que ses parents eux mêmes, et dont les pères ne sont pas plus capables l'un que l'autre de s'opposer au fond à l'émergence de personnalités féminines fortes, nous ramènent à tous ces détails de la vie qui font que l'on choisit un chemin ou un autre. Et puis il y a le fils du fossoyeur, seule figure masculine dont on perçoit profondément la sensibilité et la lucidité, ami, témoin discret, solidaire, aimant.

Le livre est raconté à travers les points de vue croisés des personnages, le désarroi de chacun y ayant la part belle, mais n'empêchant pas certaines de grandir.

C'est un beau livre sur l'humain. Et sur la terre... comme dans Prodigieuses créatures, où le sable et l'eau sont tout aussi présents, comme éléments protecteurs et terribles à la fois, la terre emporte et recouvre tout.

Si les livres peuvent rapprocher les gens... En voici deux qui s'attachent  à le faire.

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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 22:33

Oui, j'ai lu le prix Goncourt 2009 (pas celui de 2010: ne comptez pas sur moi pour lire un livre de ce Houellebecq qui m'énerve), et j'en suis restée toute moulue.

Le livre de Marie Ndiaye est très bien écrit, cela fait du bien de temps en temps de retrouver des phrases de 10 ou 15 lignes avec des subordonnées, mais ce livre ne nous laisse aucun espace, aucun temps pour respirer, pour sourire, pour aimer.

Un seul mot me vient: c'est un livre cru.

Que de dureté, pas une once d'humour, de tendresse, pour se reposer, pour récupérer.

C'est là que la puissance de l'écriture exerce tout son pouvoir: le lecteur souffre autant que les personnages sans aucune échappée possible. La souffrance physique ou  la faiblesse du corps des personnages nous tenaille , nous lecteurs prisonniers de l'écriture.

Il vous semblera peut-être complètement saugrenu de ma part de vous dire que je me suis sentie dans le même état physique et moral qu' après le film Le dernier tango à Paris de Bertolucci ou le film Querelle de Fassbinder : Au secours! Un peu de tendresse SVP, je ne me sens pas bien!

Voilà, je ne sais que dire de plus: ce livre m'a dérangée, peut-être que l'auteur a en cela atteint son objectif, je ne sais pas, mais ce livre, et là c'est certain , je ne le relirai pas.

Naine mitrhril: peut-être trop fleur bleue?

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 15:06

Pour ceux qui ont encore la chance de découvrir pour la première fois, ou de faire découvrir à un enfant, Le petit prince d'Antoine de St Exupéry, la sortie de la version Pop-Up du livre à partir des aquarelles de l'auteur est une opportunité à ne pas laisser passer.

Pour nous qui avons plongé dans ce livre à maintes reprises, il y a plus de 45 ans pour certain(e)s d'entre nous, quel bonheur de repartir en voyage avec une dimension supplémentaire, et que de moments d'émerveillement sur la mise en pop-up du livre tant aimé.

Certains seront peut-être un peu dérouté(e)s au départ par le choix d'un fond noir sur certaines pages, mais n'oublions pas que l'espace est fondamentalement obscur. Ce choix permet aussi d'accentuer la solitude de certains personnages.

Et comble de bonheur le renard peut enfin rejoindre le petit prince qui l'apprivoise grace à une petite tirette en papier!

Ah! Quel plaisir! Ce livre en s'ouvrant à une autre dimension prolonge encore un peu nos rêves inachevés. Ce livre intemporel est désormais tridimentionnel pour le régal des yeux, des mains et de l'imaginaire de tous et de toutes.

Si j'ose dire, chapeau bas ou plutôt serpent boa aux auteurs de ce petit bijou à caresser sans relâche!

Cordialement

NaineMithril qui espère rester longtemps encore jeune dans sa tête.

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 12:00

Rosa Candida

d'Audur Ava  Ólafsdóttir édité chez Zulma

 

Pour certains, la simple lecture du nom de l'auteur peut apporter un certain découragement: imaginez-vous en train de tenter de le prononcer sans hésiter à votre libraire préféré(e)...

Mais heureusement que nos adorables libraires sont patients et compréhensifs: "Ah oui! un roman écrit par une islandaise,Rosa candida !"

Vous verrez la couverture est très seventies ou très Delaunay recolorisée.

 Cela peut nous rappeler les perturbations dans l'élocution de nos journalistes au printemps 2010 avec ce volcan islandais au nom imprononçable. Ce volcan, Eyjafjöll, si lointain et pourtant tellement présent qui avait cloué au sol d'un éternuement tous nos avions si sophistiqués. 

Hé bien là, vous serez peut-être comme moi cloué(e) dans votre lit, votre fauteuil , votre canapé ou votre siège de train, à vous de choisir, par la lecture de ce livre qui vous enveloppe d' un vent de candeur venu d'Islande.

Cela vient peut-être de mon attachement à l'Islande, ce morceau d'Océan Atlantique à l'air libre.Cette île de basaltes couverte de mousses, de lichens (ces merveilles de symbiose amoureuse entre un champignon et une algue), et surtout recouverte de myrtilles pour les gourmands!

Ce livre est une gourmandise, à savourer:

Les essais culinaires du père et du fils échangés par téléphone sont autant des instants de souvenirs partagés de la maman, partie trop tôt au détour d'un tournant, que des petits pas en avant vers leurs nouvelles vies respectives.

Ce livre est aussi gorgé de fleurs et de plantes: notre héros est horticulteur et a pour les végétaux une approche très sensuelle, d'ailleurs sa petite fille a été conçue dans une serre et s'appelle Flóra Sól. Sans oublier bien sûr le titre du livre: la rosa candida à 8 pétales. Cette sensualité ce jeune homme ,au prénom casi- imprononçable Arnljótur, la vit au quotidien dans son corps et sa tête. Chaque jour il est happé par ses sens et ses émotions autour des plantes, du sexe et de la mort .

  Mon côté cinéphile a aussi été séduit par ce moine Thomas, quelque peu porté sur la bouteille, qui tente de comprendre et d'expliquer à notre jeune héros la vie que lui n'a pas vécue à travers sa passion pour le cinéma.

Enfin ce livre est peut-être tout simplement un livre sur le chemin parcouru par un jeune homme qui devient amoureux après avoir été papa.

Un cheminement un peu à rebours parsemé des doutes et de la candeur de notre jeune héros .

Je vous souhaite bonne lecture et j'espère que l'adaptation cinématographique envisagée ne fanera pas cette rose gorgée de candeur.

Cordialement,

Nainemithril

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 19:00

"A l'heure où blanchit la campagne."...(non, ça, c'est du Hugo).

Donc, plutôt: "Longtemps, je me suis couché de bonne heure..".

Chez moi, il y a tout Proust (en tout cas, la Recherche....) en 3 exemplaires: La Pléïade, qui me fut offerte en diverses occasions; les Folio, que j'ai utilisés quand j'étais étudiante en lettres, il y a un certain nombre d'années; et une autre édition de poche , offerte à mes filles, par un vieil ami.

Donc, me direz-vous,  trois occasions offertes à nos yeux de lire ou "relire Proust", (vous avez remarqué, peut-être, que certains  y croient: "un jour, je relirai Proust", alors qu'en réalité, personne n'a vraiment lu Proust, tant sa réputation le poursuit: langue ardue, phrases complexes, sombres histoires.)..

Bien sûr qu'on a lu Proust, éh, oh.....

 

Où voulais-je en venir?

 

Et bien, à ceci: il suffit parfois d'une bête machine qui nous empêche de lire, tant elle nous occupe, vautrés sur nos canapés, à moitié endormis, ou totalement éveillés, paresseux ou intéressés, peu importe à vrai dire, on a bien le droit de la regarder, la télévision, et surtout de regarder ce qu'elle nous propose!

Il se trouve que Nina Companeez,  a réalisé en 4 heures une vision de La Recherche, que je n'ai pas trouvée si mal que ça, tout en étant assez d'accord avec l'article suivant:

http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/la-recherche-du-temps-perdu-de-88260

 

Bien sûr, que c'est un pari difficile à tenir, de faire vivre cette oeuvre en quatre heures, mais j'en retiens un plaisir certain, et surtout , SURTOUT, ça m'a amenée, moi qui ne suis plus si jeune, (puisqu'on se pose la question de savoir si ça donnera envie aux jeunes générations de lire Proust (encore faudrait-il qu'ils aient regardé les deux épisodes, à moins que ce ne soit projeté dans les lycées)....), à courir à la recherche... de mes bouquins, oui, mes bouquins, et à commencer par le début: Du côté de chez Swann.

Depuis, je suis enchantée, je respire.

Oui, cette langue, c'est une respiration.

C'est même en ligne sur internet gratuitement en version intégrale....

 

Chacun fait ce qu'il veut...

Moi, je (re)lis Proust!

 

  

 

 

 

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