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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 17:23
... ces sensations contradictoires mêlées à la fois de plénitude et de manque que l'on ressent immanquablement chaque fois que l'on revoit certains films.

C'est le cas pour moi avec ce film d'Elia Kazan, On the Waterfront (Sur les Quais) : je le trouve fascinant. Un peu comme pour  Mort à Venise *de Visconti, une expression me semble résumer le poids qu'ils portent et dispersent sur leurs spectateurs : humain, trop humain....
Les mots peuvent manquer, mais en somme, il suffit de regarder le film pour comprendre...

Un film gravé sur l'écran... ces films que l'on aimer voir et revoir avec le plaisir toujours renouvelé d'admirer les acteurs Karl Malden, Rod Steiger, Lee J. Cobb, Eva Marie Saint et Marlon Brando en train de donner le meilleur de leur art. Films qui redeviennent éternels à chaque fois que des yeux se posent sur eux. Ils sont rares, mais plus nombreux qu'on ne pense...

Cinéma, cinéma. Du grand cinéma !

Références:
link  et voilà : j'ai fini par le placer !
** Film inspiré du roman de Thomas Mann, Der Tod in Venedig
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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 14:58

Moi, la cérémonie de la remise des césars, je m'en f... un peu, voire même totalement...
Mais cette année, j'ai déjà suivi docilement le résumé de la cérémonie des oscars, juste parce que je voulais voir Kate Winslet,
(ben oui, elle est magnifique!)...
Alors, allons-y pour les césars, d'autant que le rugby sur une chaîne du service public à la même heure, vous voyez ce que je veux dire....
C'est parti pour une (longue) soirée distrayante, pas de grands moments d'engagements cette année, c'est ronronnant, mais Antoine de Caunes n'est pas désagréable, un peu lisse toutefois (il s'est rasé pour l'occasion...)....et ce soir, je suis (très) bon public.... Je vais pouvoir somnoler un peu!
Et bien, si vous relisez quelques articles "cinéma" du blog adoré de milliers de lecteurs(...)... vous verrez que mes petits bonheurs cinématographiques
ont rencontré le jury des césars avec fracas (7 césars pour Séraphine, dont celui du meilleur chef opérateur, et celui de la meilleure actrice pour Yolande Moreau).

 
Alors, je suis très contente, voilà! Et si pour mes 50 ans qui approchent dangereusement, quelqu'un veut m'offrir la même robe rouge que Yolande, je dis "oui"!!!
Et puis Agnès Varda a eu un césar pour Les plages d'Agnès, il n'y a pas à dire, je peux présider le jury de l'année prochaine!
Et en plus Valse avec Bachir est récompensé aussi, ahlalala, je suis totalement réveillée, là!!!
J'ai trouvé Emma Thompson super pimpante, et Dustin Hoffman émouvant, et Tilda Swinton très étrange. Je vais , je pense, me pencher un peu sur son cas...
C'est tout!
Vous pouvez éteindre votre ordinateur et reprendre une activité normale!
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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 18:35
Une autre petite phrase, celle-là de l'actrice Tilda Swinton, qui préside à partir de ce soir le jury du festival de cinéma de Berlin, dit la Berlinale :

 À la question de Katja Nicodemus* : "Pourquoi avons-nous besoin de cinémas ?", elle a répondu :
 
"Pour être assis ensemble dans le noir".

Il y a des vérités premières qui font du bien...


*Entretien avec l'hebdomadaire DIE ZEIT (du 05.02.2009)
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22 janvier 2009 4 22 /01 /janvier /2009 19:54

Retrouvons les métamorphoses des vieux thèmes paléontologiques par des cinéastes d’aujourd’hui.
2 ème épisode : Jurassic Park, le monde perdu.

Ici, tout comme pour le premier opus, le scénario repose sur un roman de Michael Crichton, mais c’est surtout le remake du film muet de 1925, Le monde perdu, lui-même fondé, comme déjà deux fois mentionné dans de précédents articles, sur le livre éponyme de Sir Arthur Conan Doyle (qui a bien sûr inspiré notre écrivain contemporain, lui-aussi écossais).
On y voyait d’ailleurs en préambule, noir et blanc, cartons intermédiaires à l’appui, le créateur de Sherlock Holmes recommander l’œuvre à ceux qui, comme lui, ont gardé une âme d’enfant.
L’intrigue était simple : la découverte d’un tépui en Amérique du Sud où subsiste une faune d’animaux préhistoriques (ptérodactyle, tricératops, diplodocus, allosaure - on ne connaissait pas le tyrannosaure en 1912, sortie du livre - pithécanthrope...).
L’homme-singe sera blessé en essayant de remonter les héros accrochés à la corde par laquelle ils s’enfuient le long de la falaise.
Tombé de la falaise, le diplodocus sera amené en ville où il sèmera la panique parmis les citadins.

8 ans plus tard, King Kong reprend les mêmes types d’animaux : ptérosaure, “brontosaure” furieux, tyrannosaure (qui devient une star américaine), primate (géant, cette fois), auxquels s’ajoutent stégosaure et tanystrophe serpentiforme.
Le monstre qui ployait des arbres avant de provoquer la terreur de la blonde actrice qui le découvre, essaie à son tour de remonter la liane par laquelle les amoureux s’échappent, puis se lancera dans New York, faisant des ravages...
Et n’oublions pas la scène où le gorille, grimpant au building, jette un regard par la fenêtre de la chambre d’hôtel où Fay Wray est étendue, puis passe sa main pour rapprocher le lit et s’en saisir.

Dans le sequel de Spielberg, ptéranodon, stégosaure, tricératops, brachiosaure et séismosaures quadrupèdes, T. rex qui regardera dans la tente où essaient de dormir les deux héroïnes (mais qui ne s’en saisira pas avec ses petits bras !) sont là. Ce dernier rugira dans les rues aux automobilistes terrorisés, ayant même ressucité juste avant le bateau fantôme du Nosferatu de Murnau.
Le tour de force reste cet hallucinant passage où, suspendus à un cable (encore et toujours), les protagonistes tentent d’éviter les parois du camping car à rallonge où ils sont prisonniers, en train de basculer le long de la falaise, vers les brisants bien plus bas...
A cela s’ajoute un grand safari tiré, comme la cage dans les arbres d’où l’on voit arriver les T. rex qui agitent les branches, d’Hatari ! où des méchants cupides poursuivent de gentils dinos. Un pachycéphalosaure enfonce la portière comme le rhinocéros du film d’Hawks, et un parasaurolophe (capture d’écran n°1) , entravé par deux cordes, figure autant le rhino piégé par john Wayne (capture n°2), que le carnosaure pris au lasso de La vallée de Gwangi (photo n°3), célèbre film de monstres des années 60. Des gens du cirque y étaient intéressés par les profits qu’ils pourraient tirer des fossiles vivants découverts dans une vallée miraculeusement protégée (ce synopsis me dit quelque chose !)...
Les oiseaux d’Hitchcock ne sont pas oubliés avec l’attaque grouillante des petits procompsognathus.
Les auto-citations (Jurassic Park) abondent : ondes concentriques quand le rex approche (il aime toujours autant les engins mécaniques à roues), observation des empreintes de pas tirées de King Kong, ou raptors en goguette...

N’en jetons plus, car j’en passe !
Spielberg s’amuse comme un petit fou et témoigne, au delà de sa fidélité aux thèmes originaux, d’une volonté de surenchère inévitable car le public blasé en veut toujours plus. Mais toutes ces évocations ne peuvent faire que le bonheur d’un aficinado des films de genre... comme moi.

                                                Le nain paléocinéphile


Films cités dans cet article :The lost world Jurassic Park (1997) Steven Spielberg
                                         Jurassic Park (1993) Steven Spielberg
                                         The valley of Gwangi (1969) Tim O’ Connolly
                                         The birds (1963) Alfred Hitchcock
                                         Hatari ! (1961) Howard Hawks
                                         King Kong (1933) Merian C. Cooper / Ernest B. Schœdsack
                                         The lost world (1925) Harry O. Hoyt
                                         Nosferatu (1922) F. W. Murnau

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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 16:27

Creusons, creusons... les filiations !
En cette année Darwin, affirmons que le cinéma évolue lui aussi en faisant du neuf avec du vieux. Les films de vilaines bébêtes sont toujours d’actualité : la série du parc jurassique va sortir son 4 ème opus ; Godzilla ou King Kong bénéficient périodiquement des avancées des effets spéciaux et font toujours recette.
Quand Steven Spielberg, réalisateur des deux premiers épisodes (1), s’attaque à rendre hommage (quand il s’agit d’un cinéaste de son calibre, ce ne peut être que le terme à employer) au cent cinquantenaire du terme “dinosauriens” (2), il mobilise sa culture cinématographique pour recycler des scènes de films mythiques du genre concerné : l’épouvante animalière.
Il ne s’agit pas dans ces courtes lignes de fouiller profondément dans le “moteur” de création du cinéaste hollywoodien, ce qui prendrait un livre entier, mais de donner quelques repères visuels, certes anecdotiques, mais significatifs...

Jurassic Park fait référence aux films de monstres des années 60 / 70 (3) bien sûr, mais surtout à King Kong - celui de 1933 - et par là-même à son modèle le muet Monde perdu (4), inspiré de l’œuvre de Conan Doyle, qui sera développé dans le film suivant, tout comme Hatari ! (5).

Deux films phares : King Kong et Les oiseaux.

King Kong .
Les images abondent : l’agitation, dès les premiers plans, des arbres, avant qu’on ne voit l’auteur des mouvements ; la porte du parc, appelant la question du mathématicien citant le surnom du gorille géant ; le tyrannosaure figurant l’animal sauvage que des “civilisés” qui se croient supérieurs exploitent pour se divertir, qui rompt ses entraves métalliques, laissant libre court à sa fureur... Et la scène de la descente le long du mur de béton, qui nous sera utile pour le prochain article.
Les héros du début du XX ème siècle s’échappent de “la Montagne du Crâne” en descendant le long d’une liane (photo n°1). Ainsi font le paléontologue et son petit compagnon 60 années plus tard, avec des cables, pour s’éloigner du tyrannosaure retourneur de voitures, avant de s’enfoncer dans la jungle du parc.

Les oiseaux d’Hitchcock.
Lors de l’attaque (entre autres scènes) des corneilles, Tippi Hedren, tout en fuyant avec deux enfants (photo n°2), mime d’un regard vers l’arrière la terreur que lui inspire les oiseaux imaginaires qui seront rajoutés par trucage. 30 ans plus tard, après que le paléontologue en herbe ait annoncé qu’”ils vol(aie)nt” vers eux, Sam Neil a le même mouvement de tête inquiet, courant avec ses deux jeunes protégés (photo n°3), dans le flot de gallimimus infographiques, affolés par le T.rex sorti de son enclos, qui seront rajoutés en post-production.
Le talent de Spielberg, qui avouera pourtant à l’époque n’avoir utilisé que 10 % de son énergie sur ce projet (les 90 autres % ayant été consacrés à La liste de Schindler), lui permet de faire évoluer les mythes presque “naturellement” à l’heure de la génétique et de l’écologie (6).
Nous verrons la prochaine fois qu’il s’est bien amusé par la suite.

                                                                           Le nain paléocinéphile.

(1) Joe Johnston réalisera les deux suivants.
(2) Voir l’article “Dinodata”, dans la rubrique Sciences de ce blog.
(3) Tout comme avec son complice G. Lucas dans les guerres des étoiles, films de guerre et de western en plus.
(4) Ne serait-ce que par le choix de dinosaures équivalents...
(5) L’ambiance “safari” et le coup de tête du T.rex poursuivant la jeep par exemples.
(6) Le plaisir que procure l’habileté avec laquelle Spielberg réactualise les préoccupations spectaculaires du déclin de la nature du début du siècle dernier n’engage bien entendu que l’auteur de ces lignes...

Films cités dans cet article : Jurassic Park the extinction (2009) Joe Johnston.
                                          Jurassic Park III (2001) Joe Johnston.
                                          The lost world Jurassic Park (1997) Steven Spielberg.
                                          Schindler’s list (1993) Steven Spielberg.
                                          Jurassic Park (1993) Steven Spielberg.
                                          The birds (1963) Alfred Hitchcock.
                                          Hatari ! (1961) Howard Hawks.
                                          King Kong (1933) Merian C. Cooper / Ernest B.        Schœdsack.
                                          The lost world (1925) Harry O. Hoyt.

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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 18:53

Dans la catégorie des films que personne ne va voir,(et c'est bien dommage), ou que je suis seule à aller voir.... j'ai donc vu Les plages d'Agnès, film d'Agnès Varda, qui au départ devait s'appeler Arlette ou quelque chose comme ça, et avait 4 frères et soeurs, Lucien, Hélène, Sylvie et Jean...( ou à peu près).
Déjà, l'affiche a tout pour me plaire... Est-ce bien utile que j'en fasse une lecture? Le tour de la question sera vite fait pour certains. Le dessin simple et  fantaisiste, genre couverture de BD, avec cette petite bonne femme haut perchée, qui veut regarder au-delà de l'horizon, m'attire tout de suite.
On connait Agnès Varda, plus ou moins, on en ignore aussi beaucoup.
Or, c'est une "petite vieille rondouillarde" comme elle dit elle-même, qui a pas mal bourlingué, rencontré, vécu, existé, et transmis.
C'est ce qu'elle continue à faire dans ce film qui parle d'elle, mais de tant d'autres, et qu'elle évoque avec tendresse, amour, taquinerie, plaisir et émotion.
Et comme elle parle d'images, qu'elle est photographe de formation (et oui, elle fut la photographe de Jean Vilar, elle a laissé de si beaux clichés de Gérard Philipe!!! pour n'en retenir qu'un....)..., qu'elle est cinéaste, qu'elle capture elle-aussi la lumière comme personne, et qu'elle finit son film dans une "maison-cinéma" très originale, j'ai été ravie de cette balade sur ses plages...
Dans les détours des souvenirs choisis de sa vie bien jolie, mais qui ne se veut pas pour autant exemplaire, j'ai entendu plein d'échos... mais c'est bien du cinéma, du jeu, des mises en scènes, des surprises... 
Et en plus elle aime les chats.....
Son et lumière?
Qu'est-ce que j'aime le cinéma... 
 

Si elle vous rappelle quelqu'un, ne le criez pas trop fort.

 

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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 12:23

Superficiel...
 Si je devais retenir un mot pour qualifier le dernier film de Woody Allen, ce serait celui-là... Veronica Cristina Barcelona m'a semblé au final vain et sans intérêt. Et pourtant, je l'ai vu sans déplaisir: décors agréables, acteurs qui tiennent bien leur rôle... Mais une narration plate.
Voilà le problème, juste ceci: des décors agréables... Quelques clichés sur Barcelone, à se demander ce que fait Barcelone dans le titre du film? 
Un jour Barcelone, donc Gaudi, demain Paris, et on aura la tour Eiffel, un autre jour Rome, et on verra des fontaines...? 
Et surtout un regard sans profondeur sur l'art, la peinture, la sculpture, l'architecture, la photo, la musique... quoique peut-être, à peine ébauchée, quelque émotion exprimée lors d'un concert de guitare... 
A l'unisson du regard porté sur les échanges amoureux  et les rencontres... Tout est emprunt d'un certain ennui, de fausses passions, d'émotions vidées de sens.
Est-ce voulu, est-ce si dérisoire, est-ce le constat du "vieux" Woody Allen?
Si oui, il est effectivement temps pour Woody Allen de prendre une retraite bien méritée (comme dirait ma peu indulgente fille étudiante en art du cinéma...), car si Pénélope Cruz parle un moment de génie ("genius"), il est évident que celui-ci s'est enfui de ce dernier film.
Disparu, le génie... Constat réaliste, peut-être...
Bref, ce Woody Allen est roublard, ou fatigué... et ses acteurs incarnent très bien des fuyards que personnellement, je ne chercherais pas à rattraper...
Des expériences pour évoluer ou grandir? Apparemment non, la vie se résume à une éternelle fuite en avant pour se retrouver au point de départ...
Chacun continuera vainement à renouveler les mêmes expériences.
Ce n'est pas la superposition facile des clichés sur l'Espagne et ses jolies villas, et d'autres sur les Américains du Nord et leurs buildings, leurs parties de golf et leurs vies informatisées, le tout filmé avec facilité, qui me fera dire que le film est léger...
Ou s'il est léger, c'est vraiment très léger... mais pas de cette légèreté qui se pose sur nous, en nous laissant le souvenir d'un frisson, qui nous enveloppe, qui nous emballe... comme certain voile dont on se rappelle la douceur et la finesse... non, c'est léger comme un regard qui se pose à peine, un regard qui passe et survole, à demi somnolent, sans rien retenir...

Tout compte fait, que reste-t'il du film??? Ah, il est beau Javier Bardem... Et après? 
Je préfère cent fois le monstre de No country for old men, mais me direz-vous, peut-on comparer l'incomparable???   

Je relis quelques critiques dithyrambiques et je reste perplexe...
( cf: Le Monde, Télérama, Le Point...)...
Je ne suis pas critique de cinéma, juste naine entre deux vacances....!!!
 

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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 18:56

  Nous sommes 3 à avoir vu séparément Appaloosa (1) (en fait 2 l'ont vu ensemble) et, réunis autour d'une eau à bulles, ne voilà-t-il pas que nous vient l'idée de transformer notre débat en article bla-blogueur...Quelle idée saugrenue ? Mais à faire partager ! car le nain est généreux, là n'est point la moindre de ses qualités. Or donc...
- Naine-en-vacances : à toi la parole cher nain paléontologue.
- Nain paléontologue : ben, j'ai un copain qui l'a trouvé bizarre, ce western ! Il n'a pas compris que dès les premières notes  pastichées du Virginien (2), c'était une parodie!
- N-e-v : Oui ! J'ai été étonnée que personne dans la salle n'ait ri, alors que j'en avais très envie personnellement étant donné l'humour...
- Np :...pince sans rire ?
- Nain-qui-sifflera-trois-fois : c'est vrai que c'est finement mené ; parodie certes, mais avec le souci de mettre en valeur certains sentiments forts comme l'amitié masculine par des jeux de complicité dans les regards. Les deux compères ( joués par Ed Harris et Viggo Mortensen - petite précision pour les lecteurs) se connaissent sur le bout des doigts depuis qu'ils bourlinguent ensemble...
- N-e-v : et le spectateur est invité à regarder l'aboutissement d'une histoire entre ces deux personnages...
- N-q-s-t-f : ...le tout dans une atmosphère subtilement maîtrisée; Ed Harris-réalisateur prend systématiquement à contre-pied chaque scène mythique du western: le duel réduit à l'essentiel sans crescendo pour faire monter le suspense...
- N-e-v et Np : oui mais avec des poses suggestives pour Viggo ! qui font sourire à cet instant tendu...
- N-q-s-t-f : ouep ! Mais pour en revenir à mon propos, prenez l'attaque du train : habituellement les chevaux sont lancés au galop, ça crie, ça tire dans tous les sens... et ben là pas du tout; les passagers sont tout aussi immobiles que le train qui vient de se ravitailler en eau et les chevaux apparaissent au pas sortant de dessous le pont, sous le train..
- N-e-v : pour un échange fait très rapidement.
- Np : euh non l'échange n'a pas lieu.
- N-e-v : oui, mais j'ai beaucoup ri à voir ce train qui avance puis recule. (conotation sexuelle???)...
- N-q-s-t-f : Ô train, suspends ton vol !
- Np : moi, là où j'ai ri et d'ailleurs c'est ma séquence préférée, c'est à la vue de la bouille réjouie d'Ed Harris quand il descend l'escalier de l'hôtel après avoir sauté la fausse bourgeoise en quête de protection virile (la Renée Zellweger pour nos amis lecteurs)
- N-e-v : ..qui va le suivre, toute pimpante avec son sourire à la Bridget Jones (3) et pourtant Zellweger peut être une actrice différente, sans son registre de mimiques habituelles, comme dans le film de George Clooney (4), où elle joue très bien une belle journaliste, intègre et non grimaçante, superbe...
- Np :  il faut dire qu'il n'y a aucune illusion sur la nature humaine : les femmes sont des putains ou des servantes - les mimiques sont là pour surligner le trait - et les hommes des truands, des tueurs ou des lâches. Même les Natifs sont assimilés à des immigrés échappés d'une réserve, voleurs de grand chemin. Le seul qui a le courage de condamner la violence est prié de prendre la poudre d'escampette sans se retourner !...
- N-e-v et N-q-s-t-f : sous prétexte de sauver sa peau !
- N-q-s-t-f : tout le monde essaie de sauver sa peau...Dans l'Ouest sauvage, la sauvagerie est du côté des hommes.
- Np : et pas du côté du regard placide et sympathique du puma qui regarde passer le train . Et la Nature n'a, ici, jamais l'air hostile !

-
N-e-v  : pas du tout hostile ! Zellweger se baigne à poil avec ses ravisseurs dans le ruisseau...
- N-q-s-t-f  : ouais, ça fait un peu ambiance " déjeuner sur l'herbe"
- N-e-v : Harris se balade à pied.... tranquille, en sachant que son pote le retrouvera avec sa monture.
- N-q-s-t-f : sa monture? tu veux dire son cheval....pas ....
- Np : pas  de dérive, s'il vous plait, nous allons être lus !! Un peu de tenue !
- N-q-s-t-f : les notables sont assez poltrons ! ...
- N-e-v : ce sont des notables de western, pas des héros ; eux ont un flingue. Et le pastiche de Buffalo Bill et Custer avec le visage de Mortensen!
 - N-q-s-t-f : on connaissait le bronzage du cycliste avec la marque du cuissard, on connaît désormais, grâce à Viggo Mortensen, le bronzage cowboy avec la marque du chapeau à mi-front ! sexy le Viggo ! Question pastiche, un bémol! manquait le blanchisseur chinois !
- Np : que nenni ! il y en a un qui sert les biscuits à l'hôtel!...
- N-q-s-t-f : ah oui c'est vrai !... au fait Bragg (Jeremy Irons) a un duel verbal avec Ed Harris et un duel par balles avec Viggo...
- N-e-v : ouh, un fin jeu de mots ...
- Np : ... et puis Viggo part après avoir aidé Ed à se caser...
- N-q-s-t-f : il se case et l'autre se casse !
Ainsi prit fin notre conversation-commentaire sur Appaloosa. Un film à pas louper ! Tous enchantés que nous étions à nous remémorer telle ou telle scène, à apprécier le talent d'Ed Harris et de ses acteurs, à reparler de certaines séquences avec une belle lumière ou bien des scènes où se côtoient humour et poésie. Allez-y, vous ne serez pas déçus...
Les Little Big Nains

Notes :
(1) Appaloosa ( Ed Harris) 2008; Ed Harris (Virgil Cole), Viggo Mortensen (Everett Hitch), Renée Zellweger (Allison French), Jeremy Irons ( Randall Bragg).
(2) Le Virginien : série télévisée à succès de 1962 à 1971
(3) Le Journal de Bridget Jones (2001) (Sharon Maguire), Bridget Jones, l'âge de raison (2004) (Beeban Kidron)
(4) Jeux de dupes (2008) ( Georges Clooney)

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1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 22:14
C'est vrai, j'avais le choix des films , cet après-midi....devant le grand UGC toulousain, les "acteurs" du film de Laurent Cantet étaient dans la file d'attente, et nombreux de surcroît; je me suis dit qu' "Entre les murs" n'aurait pas besoin de moi...(et tout compte fait, ai-je besoin, et envie, de voir ce film....?).
Bon, des films, des affiches, des films.....
Il y avait aussi "Cliente" qui me tentait, une comédie, avec des acteurs a priori sympathiques....Mais bon, une femme seule, de mon âge, ouahou, ça allait faire suspect, ça...
Et puis "Séraphine", avec Yolande Moreau...ça fait tilt... Yolande Moreau, c'est "Quand la mer monte", un BEAU film, pas triste, qui se passe dans le Nord, oui, le Nord, vous savez, cette région de France célébrée à ses heures dans un autre film dont-je-ne-dirai-pas-le-nom tellement c'est pas du cinéma....(et tellement les clichés passéïstes et la mauvaise direction d'acteurs m'ont  énervée...). 
Enfin, Yolande Moreau, c'est une personne "spéciale", et moi, Séraphine, je ne la connais pas, mais l'affiche me plait, et puis j'y vais, et puis c'est tout.(Enfin, non, pas tout à fait...).

Séraphine, je ne m'attendais pas à la découvrir de cette façon. Séraphine de Senlis, je n'en avais jamais entendu parler, et peut-être ne m'y serais-je pas attachée,d'ailleurs...je ne sais pas.
J'ai vu un beau film, que certains trouveront lent, mais j'aime ça, la caméra qui suit pas à pas Séraphine dans ses promenades campagnardes, à la lumière de la lune, Séraphine qui ramasse, récolte, qui aime l'ombre, qui fait ses tambouilles à la lueur des bougies, après ses petits larcins....
(Allez, j'ai cru que ce serait une histoire d'herboriste, de sorcière...).
La caméra qui effleure Séraphine, qui la tient et la hisse. La caméra qui capte si finement  "les" lumières.
Et puis, une histoire à la Maupassant.
La campagne de l'Oise en 1914, la petite ville de Senlis.
Et Yolande Moreau, qui finit par devenir ce peintre qui mérite tant d'être découverte...à l'époque...
Voilà que me revient en écho le souvenir d' une autre artiste, dont nous avons vu, quelques uns, les sculptures, dessins et lu des lettres effrayantes cet été, au château de Lavardens, Camille Claudel. Tout de même, ces destins-là ont quelques similitudes.
Yolande Moreau dit ceci de son personnage: "Je n'aime pas parler de folie à propos de Séraphine. Je l'appréhende plutôt comme une personne fragile et en grande souffrance intérieure, qui a trouvé un exutoire dans l'art. Elle oublie la dure réalité de sa vie en faisant de la peinture. Séraphine est très actuelle: c'est une femme indépendante, qui va jusqu'au bout de sa passion envers et contre tous, et s'exprime avec une totale liberté. Je suis très fière, grâce au film, de rendre hommage à son talent injustement tombé dans l'oubli."

Et comme je ne parviens pas à en dire plus ce soir, allez le voir, ou n'y allez pas....
Un certain critique de cinéma a pu parler de Bécassine...et là, franchement, je ne vois pas le rapport....
J'ai aussi une pensée pour ces personnes, artistes ou pas, internées dans les "asiles" de France, qui sont mortes de faim dans les années 1942/43, dans ces lieux de "soins", pour "fait de guerre"(?)....





  
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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 20:15

Suis z'allée voir à sa sortie la Palme d'or du festival de cannes, version 2008.... La version 2007 avait été fort fort fort décevante (mais ceci nécessiterait un autre article, sauf que mon verbe étant au conditionnel, jamais au grand jamais je ne pourrais écrire sur ce film).
Je suis rentrée dans le cinéma toute contente *patriotisme cinématographique*  "chouette, une palme d'or française, en plus sur le système scolaire, chassons de notre esprit ce 4mois, 3 semaines et je ne sais plus combien d'horreurs immondes que j'ai dues supporter durant cette trop longue projection"....
bref...
Après plus de 2h de film (que l'on ne voit pas passer), me voilà toute dubitative....Mais qu'est ce que je dois bien penser de ce film??? (j'ajouterai que c'est fort difficile de se décider quand deux moi-même se battent en duel afin de définir lequel a raison sur le film, l'un l'aime bien, l'autre l'aime "pas" bien, pour mieux les différencier ils s'appelleront moi 1 et moi 2...)
Et surtout par où commencer?
Allons au plus simple, parlons technique....
moi 1 : J'aimerai beaucoup lire la justification du choix du jury sur ce film (mais une palme d'or ne se justifie peut-être pas), parce que, quand même (oui hein!! quand même!!!), il me semble (enfin je dis ça, j'ai peut-être tort) que parmis les critères de sélection des palmes d'or, est présent un critère majeur :  "l'esthétique de l'image" (nous noterons que de plus en plus, le cinéma contemporain voire conceptuel aime le laid, parce que le laid, figurez-vous, et ben le laid pour le "content-pour-rien" et ben c'est beau...oui oui oui, c'est cela même...)..... Donc par "esthétisme", j'entends : une belle lumière, de beaux cadres, bien composés, et pas plein de flou à la reportage de tf1, plein de mouvements de cadre que tu sais plus si t'es dans une salle de cours ou sur un bateau.....
et là PAF! contre-argument 
moi 2 :  "oui mais heu c'est un docu-fiction, tu vois, l'esthétisme vient du contenu, tu vois, soit pas si pro-esthétique quoi, tu vois..."

moi 1 : c'est bien ça qui me fait peur, c'est un docu-fiction, il y a donc FICTION dans la désignation du genre, et à mon avis, tout le monde va prendre ça pour un simple documentaire.....et il ne faut surtout pas faire de confusion...il y a toute une mise en scène, le prof "principal" (mouhahaha) est un acteur, les élèves doivent jouer des scènes...
moi 2 : laurent cantet ne s'en ai jamais caché d'ailleurs, il a expliqué son projet, ils avaient mis en place un atelier dans le collège 1 an avant le tournage, les élèves qui jouent sont ceux qui ont tenu 1 an, et quand les scènes étaient tournées on leur disait "voilà ça va porter sur ça" mais leurs réactions ne sont pas faussées, même si intel devait jouer le caïd, l'autre la relou de service, l'autre le gothique, l'autre la bonne élève...il y a 3-4 cadreurs en caméra portée dans la salle de classe et il n'y a pas de coupure, comme sur un tournage, du genre "on la refait!"...il y a donc une certaine vérité dans le comportement des éléves.
moi 1 : mais parmis les autres critères d'une palme d'or, le caractère international du film compte...c'est un sujet typiquement français "l'éducation nationale", en quoi cela concerne l'international ? je ne dis pas qu'on doit laver son linge sale en famille... Le collège choisi n'est pas n'importe lequel, dans le film, le prof le dit, ceux sont des adolescents de quartiers "défavorisés", d'ailleurs le prof en question est très méprisant dans ses remarques "ah je croyais que vous ne sortiez jamais de VOS quartiers, que vous ne voyiez jamais rien en dehors...". Ce qui n'est pas à jeter dans ce film c'est bien le choix du collège parce que ça permet au réalisateur de parler du problème de l'immigration qui touche de nombreux élèves scolarisés...ça ok! mais tout devient noir, il n'y a pas un seul prof pour rattraper l'autre (la blondasse, le jeunot qui pète un câble, le vieux blasé...). Presque, je reprocherais à ce film le non parti pris. Il expose un problème, un fait dans le système éducatif français qui n'est plus à prouver, mais rien n'est remis en cause, il "pose" juste. Le prof principal est complètement à la masse dans ses réactions, on a parfois envie de le baffer parce qu'on estime qu'il est à côté de la plaque dans ses remarques, qu'il ne relève pas les bonnes choses (exemple du conseil de classe)....et les élèves dans leur mauvaise foi absolue, aucun mais strictement aucun n'est gentil ou juste calme sans problème... Voila le réel souci du film, il fait d'un exemple une généralité et quand bien même ce n'est pas voulu, c'est comme ça que c'est compris. Je ne me souviens pas avoir eu autant de problèmes dans une de mes classes de collèges et de lycée, et j'avais des profs capables de tenir une classe (certains non mais pas tous heureusement!!), aucun prof dans ce film ne sait maintenir les choses, tout le monde est complètement dépassé....
moi 2 : dans docu-fiction, il y a DOCUMENTAIRE, ce n'est donc pas une simple fiction qui se finit bien. Dans l'état actuel des choses, le système scolaire est à la masse, avec un problème majeur de communication, c'est cela que le film indique, pas juste un collège difficile, que pour le moment, il n'y a pas de solution, que ça s'enlise, que ça s'enfonce et que ça creuse toujours plus bas....Apparemment, les profs n'aiment pas ce film, en même temps, dès qu'on ose toucher à la sacro-sainte "éducation nationale" on crie au scandale (exemple de Être et avoir de Nicolas Phillibert).... Le défi c'est aussi d'arriver à en parler sans se faire cracher dessus (par les profs en plus)...

Le dialogue s'arrêtera ici, et mon moi supérieur rajoute ceci :
au final, je suis sortie de ce film très frustrée, en me disant "mais pourquoi le prof n' a pas dit plutôt ça au lieu de ça, c'est plus important de relever ceci et pas celà......et gnagnagna", on le voit s'embourber dans tout ça et je pense que ma frustration vient de là : je suis reléguée au rang de spectatrice passive....
pendant le film, je me disais : "à la fin, il faut que je prenne la parole et que je propose un débat" et c'est drôle parce que plein de gens sont restés dans la salle pour discuter, j'ai eu l'impression que comme notre état passif durant le film nous pesait, il fallait par un moyen ou un autre être actif, et pour le coup être actif dans le débat....débat qui n'a d'ailleurs pas eu lieu, en tout cas avec la salle pleine de spectateurs....
alors, lorsque vous verrez ce film, lancez le débat!!! du moins ici, que je puisse enfin débattre autrement qu'avec mes différents moi...

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