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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 17:51

Un auteur-illustrateur tout à fait intéressant:

http://www.benjaminlacombe.com/home_f.html

J'aime bien me balader sur les blogs de certains de ces artistes, on y trouve toutes sortes d'univers, d'ambiances, on se promène dans le dessin, la couleur, les émotions...


ON S'EVADE.....

Les contes, s'ils font rêver, sont aussi des messagers, des transmetteurs, des accompagnateurs.... (oh, les mots barbares?)....

Si le coeur vous en dit....
 

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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 20:52

 Au travers de quelques problèmes rencontrés par des illustrateurs, voyons comment ils obtiennent les planches figurant les ouvrages animaliers.

Pour se préparer, 4 approches principales se mêlent, en dehors, bien sûr, de la copie pure et pas toujours simple des collègues :
- les croquis sur le vif (voyage, captivité, film)
- les spécimens naturalisés des collections (musées, universités, particuliers)
- les conseils des auteurs scientifiques (le(s) co-auteur(s), la bibliographie)
- et les photos !


Le peintre tchèque Zdenek Burian nous offre un bel exemple (1) dans cette toile de 1957 servant à introduire l’ère quaternaire dans une encyclopédie de la préhistoire de mon enfance. L’ours des cavernes de gauche nous amène vers une taïga humide où, au détour d’un méandre, on apperçoit un ... bateau ! (2)
À la vue d’autres bévues de cet artiste (moins gênantes, quand même), on peut penser que, le nez sur le motif, il n’a pas vu qu’il (re)produisait un anachronisme flagrant pour cette période antérieure à 10 000 ans.


Que faire quand on n’a pas de document photographique et que l’on n’a pas le courage ou la possibilité d’examiner le sujet de visu ? Inventer..
Certains animaux n’ont pas été vus depuis plusieurs décennies, d’autres ont récemment disparu, ou n’ont jamais été présentés dans certaines activités. Deux exemples.


Les guêpiers carmin (3) profitent de gros “porteurs” (outardes, antilopes) pour surveiller les insectes qu’ils attrappent au vol. William T. Cooper (déjà évoqué) a choisi ici un magnifique oryx. L’ennui, c’est que l’échelle n’est pas respectée : l’oiseau de 35 cm queue comprise est ici multiplié par trois, à moins que ce ne soit le bovidé africain qui soit nain. Raté !


Les pénélopes sont des gallinacés qui ne volent pas très souvent ; Jon Fjeldså (4), pourtant excellent graphiste et aquarelliste, utilise beaucoup les photos mais représente ici de petites ailes de proportions propres à celle d’une grosse poule de ferme, perdu qu’il a du être, alors qu’un simple faisan aurait pu lui sauver la mise...


Et faut-il encore  que cela paraîsse vraisemblable. Observons une “erreur de casting”.
Gaëtan du Chatenet est le chantre du détail : les textures des carapaces, écailles, nervures, cuticules, et autres peaux n’ont pas de secrets pour lui.
Tout va bien quand il dessine végétaux, crustacés ou insectes, mais  moins les vertébrés.
Les oiseaux ont l’air plats et secs, comme naturalisés. Ce geai des chênes (5) planant dans un livre dédié à ses semblables, a l’air d’un boeing 747 pris au grand angle. La réduction due à la perspective ne s’applique pas pas à un oiseau de 30 cm. Malgré la minutie apportée au plumage, le volume peine à être rendu.
Trouver le(a) bon(ne) candidat(e) n’est donc pas facile...


                             Le nain paléoiconornithophile.


(1)(2) Encyclopédie de la préhistoire, 1973, eds la farandole.
(3) Dans Peintres et illustrateurs d’oiseaux, 1991, Abbeville Press.
(4) Birds of the High Andes, 1990, zoological museum University of Copenhagen & Appolo Books, Svenborg.
(5) Les geais du monde, 1990, Geai 80’.

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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 18:14

On s’en doute : la connaissance ne s’acquier pas en un jour...
Au temps des expéditions qui décimaient la faune pour les cabinets de curiosités les musées, on recevait beaucoup de cadavres séchés (“mises en peau”) ou naturalisés. Les Indigènes savaient que les Occidentaux, friands de nouveautés, achèteraient même de faux animaux que je ne montrerai pas ici*.
Mais quand il faut présenter au public ces animaux exotiques, restituer les couleurs des parties molles ou des yeux, retrouver les positions ou les habitats naturels devient un défi. Il faut faire des choix.

Ces brèves grenadines (1) sont forestières, et n’houspilleraient pas un nocturne en plein air au bord d’une falaise ailleurs que dans cette monographie sur les oiseaux asiatiques de la 2 ème moitié du XIX ème siècle.

Cet épimaque de Meyer (2) paradant dans un ouvrage sur les paradisiers vers 1891, n’a pas la bonne posture. La vraie (3), avec les plumes des flancs remontées au dessus de la tête, est illustrée ici par William T. Cooper plus de cent ans plus tard...

Ne croyons cependant pas que cette méconnaissance soit l’apanage de nos aînés...
Des approximations existent au siècle dernier ; l’exemple est ici le mâle de l’outarde canepetière dont la septième rémige primaire est raccourcie (4).
Dans un guide d’identification de 1987 (5), ce détail n’est pas mentionné, peut-être jugé sans importance pour la reconnaissance de cet oiseau menacé. Pourquoi alors ne pas schématiser ? Au moins, ce ne serait pas faux, ce serait clair, plus simple à dessiner. Mais les “ornithos” achèteraient-ils un tel livre ? Personne n’a essayé, je crois...

Comment réalise-t’on ces (jolis) dessins ?
À la prochaine !

                                                   Le nain paléoiconornitholphile.

* Notons quand même qu’en 1798 les savants ne crurent pas à l’existence de l’ornithorhynque, habitués qu’ils étaient aux torses de singes habilement cousus aux queues de poissons pour faire des sirènes ou d’autres joyeusetés...

(1) John Gould et William Hart, dans Peintres et illustrateurs d’oiseaux, 1991, Abbeville Press.
(2) William Hart, idem.
(3) The birds of paradise, 1998, Oxford University Press.
(4) Hylary Burn dans le Guide encyclopédique des oiseaux du Paléarctique occidental, 1998, Nathan.
(5) Les oiseaux d’Europe, Delachaux et Niestlé. Dessinateurs non différenciés par planche.

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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 14:32

                                         Objectifs différents...

La peinture animalière est différente du dessin animalier d’identification.
Elle a précédé tout art pictural connu. Des parois des grottes à nos jours, la précision naturaliste des représentations est frappante, à condition que les animaux ne soient pas le sujet principal de l’œuvre.

Ce détail (1) du Christ au Mont des Oliviers du XIV ème siècle montre un chardonneret élégant, un bouvreuil pivoine et une huppe fasciée, aisément reconnaissables ; normal : ils ne sont là que pour la décoration, comme dans les tombeaux égyptiens.
Au contraire, ce pélican blanc (2) tiré du Bestiaire Ashmole de 1511, est idéalisé. C’est que, comme toute figure centrale, il cristallise la vision que l’artiste veut exprimer dans son travail et les codes de représentation de sa société.
Ici, l’oiseau n’a d’intérêt que pour l’exemplarité de son comportement, qui nous enseigne les voies du Seigneur : il se sacrifie pour nourrir ses enfants, privilégiant sa famille (3).
L’enlumineur n’a cure de son aspect réel ; aurait-il vu un pélécanidé qu’il l’aurait quand même traité dans le style gothique du moment...

Avec le recul de la religion, les Lumières et la Révolution, on cherchera à décrire le monde sans y voir obligatoirement les desseins du Créateur. Cela peut donner des résultats comiques.
Ce grèbe à bec bigarré (4) nous montre son pied lobé si caractéristique, dans une position peu naturelle.
On distingue chez ce ridicule émeu d’Australie (5) les moignons d’ailes cachés sous des plumes étonnantes, à l’hyporachis aussi développé que le rachis, détaillées sur la gauche.
Car le dessin dit plus que les apparences (la photo d’aujourd’hui) : il est indépendant des aléas du clair-obscur, du flou, des individus peu emblématiques de l’espèce considérée, des parties cachées ou des couleurs changeantes (mais pas des maladresses des auteurs).
Nos guides de terrain utilisent ces qualités qui doivent permettre à l’observateur de comparer, dans les mêmes conditions, les formes, tailles (grâce à l’échelle relative des dessins dans la planche), couleurs et maints détails de chaque espèce présente dans le pays ou le milieu étudiés.
Quand on sait que le Pérou compte près de 1800 oiseaux différents ou la Colombie 1700, on comprend que dans une des pages consacrées aux tyrants (6), on frise la surcharge, et le désastre si le dessinateur n’est pas bon (ce n’est pas le cas ici...) ; pareil dans une monographie.

Pas possible de se permettre des erreurs comme celles que nous pointerons la prochaine fois.


                                                      Le nain paléoiconornithophile.


(1) Maître de Vyssi Brod, Galerie nationale de Prague.
(2) Fac simile de 1988 aux éditions Philippe Lebaud.
(3) Saura-t’on jamais quels symboles figuraient les chevaux ou les bisons aux corps hypertrophiés des grottes d’Europe occidentale ?
(4) Mark Catesby, milieu du XVIII ème, dans  Peintres et illustrateurs d’oiseaux, 1991, Abbeville Press.
(5) Georges Raper, 1791, dans Les oiseaux, 2004, Mengès.
(6) Guy Tudor dans Birds of Colombia, 1986, Princeton.

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22 février 2009 7 22 /02 /février /2009 21:26

Avant de nous aventurer dans la problématique (n’ayons pas peur des mots !) du dessin animalier, dans le cadre restreint, cependant, des guides d’identification, introduisons le sujet de façon légère.

Dessiner un animal actuel pour un ouvrage de terrain n’est pas chose facile : la distinction entre espèces proches peut être ardue et l’illustrateur devra être attentif à chaque détail. Aussi, quand, au détour d’un des 2 ou 300 dessins qu’il doit fournir en urgence, il tombe sur un animal bien connu, il ne se prive pas de relâcher son effort.
Prenons le paon bleu de l’Inde (Pavo cristatus). Pour moi un des plus beaux des oiseaux du monde, malgré le caractère banal qu’il prend dans les parcs et autres zoos pour le commun des mortels. Voir cet oiseau de plus de 2 m en plumage frais, dans une bonne lumière est toujours un spectacle féérique. On ne peut pas le confondre avec un autre volatile ; aussi, pourquoi se soucier de ses caractéristiques ?
Examinons-le rapidement...
La photo n°1 montre un mâle, la deuxième, une femelle, tous deux adultes. On remarquera les ailes bariolées aux rémiges primaires roux vif du conjoint quand sa belle en porte de brunâtres, éventuellement maculées de roux sombre.
Le jeune mâle, ressemble d’abord fort à la femelle, mais s’en distingue par son cou plus bleu et ses rémiges globalement plus claires. Elles seront ensuite encore plus rousses, mais tachetées de noir (photo n°3), associées à des marques blanchâtres sur le corps. Au fil des mues, le cou deviendra franchement bleu, le dessus des ailes blanches grossièrement barré de noir, les rémiges secondaires noir métallique aux reflets verts et bleus et les primaires rousses ; le dos portant  des plumes ornementales vertes finement striées de blanc. Enfin, des ocelles - près de 150 - parsèmeront sa traîne qui n’atteindra son plein développement qu’à partir de la cinquième année.

On est donc étonné de constater que J. H. Dick (1), dans un ouvrage fort officiel, affuble les ailes de la femelle de la couleur beige clair des rémiges du mâle du paon spicifère (Pavo muticus), le géant vert d’Asie du sud (image 4).
Plus gênant encore, K. Franklin commet la même bévue dans la récente monographie (donc un ouvrage spécifique) sur les gallinacés parue chez Helm, éditeur pourtant sérieux (2) (image 5). Mais c’est malheureusement pour mes oiseaux favoris, un ouvrage manifestement bouclé à la va-vite.
 L’auteur de ces lignes a vu bien pire, mais a revendu les bouquins concernés...
A fortiori, on peut trouver fort de café la peinture de (défaillante) mémoire que N. Arlott, artiste animalier réputé, exécute - c’est le terme qui convient - pour le joli guide des Oiseaux d’Afrique du Sud par ailleurs presqu’irréprochable cité en annexe 3 (scan 6). Le coq au dos rayé de roux orangé voit ses ocelles ravalées à de vagues taches indistinctes cachant des primaires oranges. L’illustrateur, pressé et transformé en oublieux tâcheron, omet l’aigrette de la poule au cou ramassé...

C’est en fait plus courant que l’on ne croit : si une monographie nécessite au moins un niveau de dessin compatible avec un ouvrage d’art, un “beau livre” comme on dit, et une minutie minimum, les encyclopédies, dictionnaires et guides plus ou moins “de poche” peuvent se contenter d’un barbouilleur et d’un dégré de précision digne de celui d’un enfant (bien souvent plus expressif, lui) puisque tant l’ornithologue averti que le profane ne jetteront qu’un regard distrait sur tous les oiseaux que l’on reconnaît au premier coup d’œil.
On me permettra de regretter cet état de fait...

A bientôt pour des réflexions plus techniques sur la pratique de cet art appliqué.

                                                        Le nain paléoiconornithophile.

Photos : le web.
(1) A pictorial guide to the birds of indian sub continent, 1983, Bombay Natural History Society.
(2) Pheasants, partridges and grouses, 2002, Helm.
(3) Birds of Southern Africa, 1993, Struik.

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