Arts

Samedi 14 novembre 2009

Un auteur-illustrateur tout à fait intéressant:

http://www.benjaminlacombe.com/home_f.html

J'aime bien me balader sur les blogs de certains de ces artistes, on y trouve toutes sortes d'univers, d'ambiances, on se promène dans le dessin, la couleur, les émotions...


ON S'EVADE.....

Les contes, s'ils font rêver, sont aussi des messagers, des transmetteurs, des accompagnateurs.... (oh, les mots barbares?)....

Si le coeur vous en dit....
 

Par Naine oeil émerveillé
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Samedi 14 mars 2009

 Au travers de quelques problèmes rencontrés par des illustrateurs, voyons comment ils obtiennent les planches figurant les ouvrages animaliers.

Pour se préparer, 4 approches principales se mêlent, en dehors, bien sûr, de la copie pure et pas toujours simple des collègues :
- les croquis sur le vif (voyage, captivité, film)
- les spécimens naturalisés des collections (musées, universités, particuliers)
- les conseils des auteurs scientifiques (le(s) co-auteur(s), la bibliographie)
- et les photos !


Le peintre tchèque Zdenek Burian nous offre un bel exemple (1) dans cette toile de 1957 servant à introduire l’ère quaternaire dans une encyclopédie de la préhistoire de mon enfance. L’ours des cavernes de gauche nous amène vers une taïga humide où, au détour d’un méandre, on apperçoit un ... bateau ! (2)
À la vue d’autres bévues de cet artiste (moins gênantes, quand même), on peut penser que, le nez sur le motif, il n’a pas vu qu’il (re)produisait un anachronisme flagrant pour cette période antérieure à 10 000 ans.


Que faire quand on n’a pas de document photographique et que l’on n’a pas le courage ou la possibilité d’examiner le sujet de visu ? Inventer..
Certains animaux n’ont pas été vus depuis plusieurs décennies, d’autres ont récemment disparu, ou n’ont jamais été présentés dans certaines activités. Deux exemples.


Les guêpiers carmin (3) profitent de gros “porteurs” (outardes, antilopes) pour surveiller les insectes qu’ils attrappent au vol. William T. Cooper (déjà évoqué) a choisi ici un magnifique oryx. L’ennui, c’est que l’échelle n’est pas respectée : l’oiseau de 35 cm queue comprise est ici multiplié par trois, à moins que ce ne soit le bovidé africain qui soit nain. Raté !


Les pénélopes sont des gallinacés qui ne volent pas très souvent ; Jon Fjeldså (4) , pourtant excellent graphiste et aquarelliste, utilise beaucoup les photos mais représente ici de petites ailes de proportions propres à celle d’une grosse poule de ferme, perdu qu’il a du être, alors qu’un simple faisan aurait pu lui sauver la mise...


Et faut-il encore  que cela paraîsse vraisemblable. Observons une “erreur de casting”.
Gaëtan du Chatenet est le chantre du détail : les textures des carapaces, écailles, nervures, cuticules, et autres peaux n’ont pas de secrets pour lui.
Tout va bien quand il dessine végétaux, crustacés ou insectes, mais  moins les vertébrés.
Les oiseaux ont l’air plats et secs, comme naturalisés. Ce geai des chênes (5) planant dans un livre dédié à ses semblables, a l’air d’un boeing 747 pris au grand angle. La réduction due à la perspective ne s’applique pas pas à un oiseau de 30 cm. Malgré la minutie apportée au plumage, le volume peine à être rendu.
Trouver le(a) bon(ne) candidat(e) n’est donc pas facile...


                             Le nain paléoiconornithophile.


(1)(2) Encyclopédie de la préhistoire, 1973, eds la farandole.
(3) Dans Peintres et illustrateurs d’oiseaux, 1991, Abbeville Press.
(4) Birds of the High Andes, 1990, zoological museum University of Copenhagen & Appolo Books, Svenborg.
(5) Les geais du monde, 1990, Geai 80’.

Par Le nain paléoiconornithophile
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Jeudi 12 mars 2009

On s’en doute : la connaissance ne s’acquier pas en un jour...
Au temps des expéditions qui décimaient la faune pour les cabinets de curiosités les musées, on recevait beaucoup de cadavres séchés (“mises en peau”) ou naturalisés. Les Indigènes savaient que les Occidentaux, friands de nouveautés, achèteraient même de faux animaux que je ne montrerai pas ici*.
Mais quand il faut présenter au public ces animaux exotiques, restituer les couleurs des parties molles ou des yeux, retrouver les positions ou les habitats naturels devient un défi. Il faut faire des choix.

Ces brèves grenadines (1) sont forestières, et n’houspilleraient pas un nocturne en plein air au bord d’une falaise ailleurs que dans cette monographie sur les oiseaux asiatiques de la 2 ème moitié du XIX ème siècle.

Cet épimaque de Meyer (2) paradant dans un ouvrage sur les paradisiers vers 1891, n’a pas la bonne posture. La vraie (3) , avec les plumes des flancs remontées au dessus de la tête, est illustrée ici par William T. Cooper plus de cent ans plus tard...

Ne croyons cependant pas que cette méconnaissance soit l’apanage de nos aînés...
Des approximations existent au siècle dernier ; l’exemple est ici le mâle de l’outarde canepetière dont la septième rémige primaire est raccourcie (4) .
Dans un guide d’identification de 1987 (5) , ce détail n’est pas mentionné, peut-être jugé sans importance pour la reconnaissance de cet oiseau menacé. Pourquoi alors ne pas schématiser ? Au moins, ce ne serait pas faux, ce serait clair, plus simple à dessiner. Mais les “ornithos” achèteraient-ils un tel livre ? Personne n’a essayé, je crois...

Comment réalise-t’on ces (jolis) dessins ?
À la prochaine !

                                                   Le nain paléoiconornitholphile.

* Notons quand même qu’en 1798 les savants ne crurent pas à l’existence de l’ornithorhynque, habitués qu’ils étaient aux torses de singes habilement cousus aux queues de poissons pour faire des sirènes ou d’autres joyeusetés...

(1) John Gould et William Hart, dans Peintres et illustrateurs d’oiseaux, 1991, Abbeville Press.
(2) William Hart, idem.
(3) The birds of paradise, 1998, Oxford University Press.
(4) Hylary Burn dans le Guide encyclopédique des oiseaux du Paléarctique occidental, 1998, Nathan.
(5) Les oiseaux d’Europe, Delachaux et Niestlé. Dessinateurs non différenciés par planche.

Par Le nain paléoiconornithophile
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Mardi 10 mars 2009

                                         Objectifs différents...

La peinture animalière est différente du dessin animalier d’identification.
Elle a précédé tout art pictural connu. Des parois des grottes à nos jours, la précision naturaliste des représentations est frappante, à condition que les animaux ne soient pas le sujet principal de l’œuvre.

Ce détail (1) du Christ au Mont des Oliviers du XIV ème siècle montre un chardonneret élégant, un bouvreuil pivoine et une huppe fasciée, aisément reconnaissables ; normal : ils ne sont là que pour la décoration, comme dans les tombeaux égyptiens.
Au contraire, ce pélican blanc (2) tiré du Bestiaire Ashmole de 1511, est idéalisé. C’est que, comme toute figure centrale, il cristallise la vision que l’artiste veut exprimer dans son travail et les codes de représentation de sa société.
Ici, l’oiseau n’a d’intérêt que pour l’exemplarité de son comportement, qui nous enseigne les voies du Seigneur : il se sacrifie pour nourrir ses enfants, privilégiant sa famille (3).
L’enlumineur n’a cure de son aspect réel ; aurait-il vu un pélécanidé qu’il l’aurait quand même traité dans le style gothique du moment...

Avec le recul de la religion, les Lumières et la Révolution, on cherchera à décrire le monde sans y voir obligatoirement les desseins du Créateur. Cela peut donner des résultats comiques.
Ce grèbe à bec bigarré (4) nous montre son pied lobé si caractéristique, dans une position peu naturelle.
On distingue chez ce ridicule émeu d’Australie (5) les moignons d’ailes cachés sous des plumes étonnantes, à l’hyporachis aussi développé que le rachis, détaillées sur la gauche.
Car le dessin dit plus que les apparences (la photo d’aujourd’hui) : il est indépendant des aléas du clair-obscur, du flou, des individus peu emblématiques de l’espèce considérée, des parties cachées ou des couleurs changeantes (mais pas des maladresses des auteurs).
Nos guides de terrain utilisent ces qualités qui doivent permettre à l’observateur de comparer, dans les mêmes conditions, les formes, tailles (grâce à l’échelle relative des dessins dans la planche), couleurs et maints détails de chaque espèce présente dans le pays ou le milieu étudiés.
Quand on sait que le Pérou compte près de 1800 oiseaux différents ou la Colombie 1700, on comprend que dans une des pages consacrées aux tyrants (6) , on frise la surcharge, et le désastre si le dessinateur n’est pas bon (ce n’est pas le cas ici...) ; pareil dans une monographie.

Pas possible de se permettre des erreurs comme celles que nous pointerons la prochaine fois.


                                                      Le nain paléoiconornithophile.


(1) Maître de Vyssi Brod, Galerie nationale de Prague.
(2) Fac simile de 1988 aux éditions Philippe Lebaud.
(3) Saura-t’on jamais quels symboles figuraient les chevaux ou les bisons aux corps hypertrophiés des grottes d’Europe occidentale ?
(4) Mark Catesby, milieu du XVIII ème, dans  Peintres et illustrateurs d’oiseaux, 1991, Abbeville Press.
(5) Georges Raper, 1791, dans Les oiseaux, 2004, Mengès.
(6) Guy Tudor dans Birds of Colombia, 1986, Princeton.

Par Le nain paléoiconornithophile
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