Cinéma

Samedi 14 novembre 2009
Les récents commentaires d'un ami sur le dernier film de Roland Emmerich "2012" ne me donnent franchement pas envie d'y aller :  "On ne s'y ennuie pas", dit-il, " à cause des effets spéciaux époustouflants (on souffre juste ... tant l'humour teuton est ras de terre et les dialogues volontairement basiques sont larmoyants - ... c'est lourd." Mais c'est bien là la marque Emmerich, voyons : c'est lourd !
Pour couronner le tout, je viens de regarder la chronique hebdomadaire sur BBC1 consacrée aux sorties de cinéma de la semaine, et comme j'y ai eu droit à une critique bien british de ce film, je ne résiste pas au plaisir de vous la faire partager. C'est la critique émise par Jonathan Ross dans son émission  "2009 with Jonathan Ross"*.

"Personne ne s'attend une quelconque subtilité de la part d'un film de Roland Emmerich, mais on est en droit d'espérer un peu plus qu'une continuation de son avant-dernier film, et plus d'une fois durant 2012, j'ai cru que j'étais en train de regarder des scènes coupées du "Jour d'Après". Tout ce que l'on peut dire en faveur de ce film, c'est que, sans surprise, les effects spéciaux générés par ordinateur sont impressionnants.  À part cela, il met en place le cadre standard du film de "fin du monde", regarde ensuite un groupe de personnages échapper à des désastres naturels les uns après les autres - à pied, en voiture, en hélicoptère, en avion - d'une manière qui pousse l'acceptation des invraissemblances bien au-delà du point de rupture.

Le morceau de niaiseries potentiellement étrange concernant un calendrier Maya est gâché dès les cinq premières minutes et ce qui suit est un film dont le manque incurable d'imagination le dispute à une paresse insultante.

Comment se peut-il qu'un nombre incalculable de millions ait pu être dépensé pour faire ce film alors que le scénario n'a absolument aucun sens même en termes de sa propre logique interne ? Avec une pseudo-intrigue exécrable et embarrassante sur John Cusack et sa famille, balancée dans le film pour faire bonne mesure, tout ce terrible gâchis m'a donné la nostalgie du Master of Disaster des années 70, Irwin Allen.

Et si le monde doit réellement prendre fin en 2012, au moins, je n'aurais plus à me farcir de films de ce genre."

La semaine prochaine, Jonathan Ross nous parlera-t-il du dernier film de Terry Gilliam, "L''imaginarium du Docteur Parnassus" ? Mais je sais déjà que j'irais voir ce film-là dès que possible...

* (texte original en anglais : "No one expects subtlety from a Roland Emmerich film, but you do have a right to anticipate more than a continuation of his last movie but one, and at a times during 2012, I thought I was watching out-takes from the Day after Tomorrow. All that can be said for this film is that unsurprinsignly, the computer-generated effects are impressive. Other than that, its offers the standard disaster movie set-up, then watches a group of characters escape one natural disaster after another - on foot, in cars, in helicopters, in planes - in a way that strains the suspension of disbelief well beyond breaking point.
The potentially intriguing piece of hokum about the Mayan calender is thrown away in the first five minutes and what follows is a film that's as relentlessly unimaginative as it is insultingly lazy. How could untold millions have been spent on making it when the script doesn't make any kind of sense even in terms of its own internal logic ? With an awful, embarrassing sub-plot about John Cusack and his family thrown in for goog measure, the whole sorry mess made me yearn for the work of 70s Master of Disaster Irwin Allen. And if the world really is going to end in 2012, at least, I'll never have to sit through a film like this again.")


Par Naine 2009
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Mercredi 16 septembre 2009

Dans son article du Guardian consacré à la récente disparition de Patrick Swayze (voir photos) Joe Queenan dit de l'acteur "qu'à la manière de John Wayne, Swayze  (voir photos) est devenu l'une de ces stars dont le talent d'acteur n'exerçait en fin de compte aucune influence sur sa popularité,  parce que, comme John Wayne, il a fait beaucoup de films dont personne ne se souvient et une poignée de films que personne n'oubliera jamais." (voir un résumé de sa carrière en vidéoclips dans le Guardian)

 

On peut le dire comme cela. C'est d'ailleurs comme cela que je le ressens.

 

Ou encore, comme nous l'assure Bibi van der Zee, toujours dans le Guardian,  son rôle dans le film "Point Break, extrême limite", où Swayze fait la fusion entre le "type cool que tout le monde admire" et  "un mec dont la spiritualité est en phase avec un monde différent", pourrait représenter sa performance majeure.  Et d'ajouter :

"He's so sincere it hurts." (il est tellement sincère que ça fait mal.)"

 

On peut aussi le dire comme cela. Et c'est bien comme cela qu'on le ressent, non?


Mais surtout, avant d'être un acteur, Patrick Swayze était un danseur de ballet. Et un sacré danseur. Jennifer Grey, sa partenaire dans Dirty Dancing, est sans doute celle qui lui a rendu le plus bel hommage en disant de lui que "Patrick était un mélange rare et magnifique de masculinité brute et de grâce incroyable". ("Patrick was a rare and beautiful combination of raw masculinity and amazing grace.")

 

On ne saurait mieux dire après avoir vu Dirty Dancing, dans lequel la formation de danseur de Swayze joue un rôle central.

 

Cette particularité de la carrière de Patrick Swayze, le quotidien britannique Guardian l'a d'ailleurs largement soulignée à la mort de l'acteur. Voilà un journal, et non des moindres, qui, par le nombre et la qualité des articles qu'il a consacrés à l'acteur -  et contrairement à l'ensemble de la presse française peu encline à voir en lui autre chose qu'un acteur romantique médiocre -  s'est résolument attaché à montrer que la carrière de Patrick Swayze ne se réduisait pas au rôle de coqueluche de la gent féminine. Rappelons à toutes fins utiles son interprétation glaçante d'un sinistre prédicateur dans "Donnie Darko" bien des années après sa performance remarquable dans le magnifique film de F. F. Coppola "Outsiders", aux côtés d'acteurs formidables comme Matt Dillon, Emilio Estevez, C. T. Howell et Rob Lowe, pour ne citer qu'eux. 


 

Et que dire de son interprétation déjantée de playboy quinquagénaire et tête à claques dans le désopilant  film anglais "Secrets de famille" "(titre original "Keeping Mum"), dans lequel il donne la réplique à Kristin Scott Thomas, Rowan Atkinson et Maggie Smith ! Il se lâche formidablement pour casser avec brio son image planétaire de héros romantique et c'est un PLAISIR d'assister au jeu de massacre. Assurément une des plus mémorables interprétations de l'acteur .

 



Avez-vous déjà entendu parler de "Swayzeness", ce concept nouveau que l'on peut lire dans le Guardian pour caractériser Patrick Swayze?  Un mot qu'il suffit de dire à voix haute (Swayzinesss), pour palper la mélancolie troublée, douloureuse qui se cache quelque-part sous un physique puissant, à la fois tout en sensibilité et possédé par le démon de la danse. Tout cela, bien sûr, avant que Swayze ne soit régulièrement enfermé dans des rôles stéréotypés d'armoire à glace ("beefcake" ), alors qu'il fera tout pour en sortir (tentatives parfois réussies, notamment avec "Extravagances" : To Won Foo, Thanks For Everything)

 


 

Dans un autre article du Guardian, consacré aux techniques de danse de Swayze, Sanjoy Roy * nous explique ce qui faisait de Swayze ce partenaire unique qui a introduit une nouvelle forme de rapport romantique entre les personnages en intégrant dans son jeu les techniques de danse propres au ballet:

 

Dans Dirty Dancing, la danse symbolise la rencontre et "est  clairement utilisée comme métaphore sexuelle" ...En devenant un couple de danseurs, Johnny et Frances "Baby" se rapprochent insensiblement l'un de l'autre et "deviennent également un couple sexuel". Mais pour que cela marche, il ne suffit pas à Swayze d'être sexy, "il lui faut établir un rapport physique sur la piste de danse, sinon, on ne croira pas que c'est là, dans la chambre, que ça se passe. Pour y arriver, la formation de danseur de Swayze est vitale".

 

Et si elle en est la clef, c'est notamment par la façon dont Swayze exploite son expérience de danseur, grâce à laquelle il a appris ce que veut dire le mot "partenaire" et comment fonctionne ce partenariat :


"Le duo homme-femme est la pierre angulaire du ballet. L'homme se met au service de la femme, la soutient, l'aide à s'exprimer, la soulève, forme le cadre qui l'entoure" ... "Traditionnellement, l'homme mène et la femme suit, mais l'objectif ici n'est pas le contrôle : comme dans le ballet pas de deux, l'homme est le terrain sur lequel elle brille."

 

Roy ajoute plus loin : "Regardez Swayze dans Dirty Dancing, et vous remarquerez cet élan d'attentions, cette concentration du regard : ses "yeux gourmands" fixés sur ceux de sa partenaire, sa concentration à lui sur sa performance à elle.

C'est à la fois puissamment romantique et profondément sexy et Swayze réussit la synthèse des deux, non par son jeu d'acteur, mais parce qu'il a appris ce que signifie la danse en duo".

 

Dans le film Ghost (1990), qui n'est certes pas un film de danse, il apparaît clairement que la scène culte (celle de la poterie) s'apparente à un numéro musical. Encore une fois, Swayze insère dans son jeu toutes les perceptions tirées de la danse en duo pour interpréter un homme concentré à tel point sur sa partenaire qu'il prolonge ce transport d'attentions même au-delà de sa propre mort".

 

Si l'on veut trouver une autre interprétation emblématique de cette fixation de l'esprit et du corps sur l'autre, intrinsèque à la danse en duo, il suffit de regarder Patrick Swayze danser avec sa femme, la danseuse et chorégraphe Lisa Niemi (voir plus bas).


Il me revient à l'esprit une anecdote que j'ai lue, toujours dans un article du Guardian, après le décès de Patrick Swayze : l'auteur Joe Queenan commentait ce qu'il avait écrit un jour, à propos de la scène de Ghost dans laquelle le spectre effaré joué par Swayze se penchait sur son propre corps sans vie. Queenan disait ceci : "À l'époque, n'étant pas particulièrement impressionné par le talent d'acteur du danseur, j'avais écrit que l'idée de deux Patrick Swayze sur la même planète, voilà qui était presque trop à contempler pour l'esprit humain. Cela m'avait semblé alors un bon mot amusant.  Mais aujourd'hui, ils sont des millions, qui comme moi, aimeraient sincèrement qu'il y ait un deuxième Patrick Swayze pour remplacer celui qui est mort hier."

Dommage qu'il ait fallu lui rendre cet hommage posthume si prématurément.

Swayzeness, ô Swayzeness....
just give me
One Last Dance
:

 

 

 


To  PATRICK SWAYZE
     Thanks for Everything
 
           JULIE NEWMAR and Co !

 

Par Naine Outsider
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Lundi 10 août 2009

THE SUM OF US : La SOMME DES SENTIMENTS ?
(cliquer sur le titre anglais ci-dessus pour accéder à l'un des deux extraits du film!)


Pour des raisons encore obscures, ce merveilleux film australien, intitulé "The Sum of Us",  datant de 1994 et dans lequel jouent Jack Thompson et Russell Crowe, n'est sorti pendant des années qu'en Allemagne (sous le titre: Die Summe der Gefühle - La Somme des Sentiments) et est même dorénavant difficile à trouver là-bas.

 Extrait (début du film) :

S
i j'en parle sur ce blog, c'est que The Sum of Us est un des films les plus originaux et attachants que j'aie vus (et j'en ai vu!). Il mêle humour, sentiments, tendresse et drame sans jamais perdre son objectif : certes plaider la tolérance, mais surtout raconter une histoire parfaitement naturelle... de manière naturelle. Une ode à la vie, à l'amour ? La preuve: les acteurs s'en donnent à coeur joie sans jamais forcer leur jeu.

De quoi parle ce film ?

Situé à Sidney, Australie, le film "The Sum of Us"  expose la relation harmonieuse entre un père veuf, Harry, et son fils homosexuel, Jeff, dans leur recherche indviduelle pour trouver leur partenaire idéal. Harry, qui aime inconditionnellement les femmes et son fils, joueur de rugby, en fait même un peu trop pour aider ce dernier dans la recherche de l'homme idéal. Tandis que Harry s'éprend lui-même d'une femme aux opinions conservatrices (Joyce) qu'il a connue par agence matrimoniale, Jeff tombe amoureux d'un jardinier, Greg. Mais voilà, Greg est lui-même  perturbé par sa relation douloureuse avec son père homophobe, ce qui ne fait que compliquer la situation, car il a du mal à s'adapter au style naturel qui caractérise les relations entre Harry et son fils Jeff. Cette relation, paradoxalement, inhibe Greg. 

 


Harry, de son côté, se rend compte peu à peu que  tout le monde n'apprécie pas sa propre tolérance de l'homosexualité de Jeff.


Mais pourquoi Harry devrait-il donc avoir honte de Jeff ? "Nos enfants ne sont que la somme de nous tous ... de toutes les générations", voilà son credo.

Lorsque Harry est victime d'une attaque cérébrale, Jeff décide de rester pour prendre soin de son père...

 

Les acteurs sont formidables (mention spéciale à Jack Thompson et Russell Crowe), et,  petite spécificité, les deux protagonistes parlent de temps à autre directement au spectateur en regardant la caméra.  Loin d'être énervant, ce procédé permet au spectateur de se sentir sollicité.

Cerise sur le gâteau : faire jouer le rôle du fils homosexuel à celui qui allait devenir plus tard notre Gladatior planétaire! Lequel, comme à son habitude, se jette ici corps et âme dans son rôle.

 

Dirigé par Kevin Dowling and Geoff Burton, ce film australien de 1994 est interprété notamment par  Russell Crowe et Jack Thompson. Le scénario a obtenu le prix du Australian Film Institute et celui du  Montréal World Film Festival, et le film a été nommé meilleur film au   Cleveland International Film Festival.

 

Ce film est tiré d'une pièce de théatre dirigée par Kevin Dowling et jouée le 16 octobre 1990 au off-Broadway Cherry Lane Theatre,


Voilà ! Si vous trouvez ce film quelque-part, n'hésitez pas : un moment de bonheur !
Un b-mol cependant, mais il est de taille : le film étant australien, l'accent est aussi australien et le dvd allemand n'a pas les sous-titres en anglais, seulement en allemand. Et il y a beaucoup de dialogues...


Par Naine à l'autre bout du monde
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Dimanche 17 mai 2009


Que faire fin mai ?
Ce qui me plait !
En l’occurrence, revoir Star Trek, 11 ème du nom, de J.J. Abrams (Lost, Fringe...).


Comme le réalisateur le fait remarquer, ce n’est pas qu’un film pour les fans. C’est un énorme épisode télé sans message (une nouveauté dans la saga, mais on ne s’en apperçoit pas tant le rythme est effréné), nanti de moyens tout aussi énormes, aux interprêtes bien choisis et aux surprises bienvenues (comme l’ancien Mr Spock).
L’équipe a exploré l’univers de G. Roddenberry pour en retenir la vulcanienne moëlle tout en trouvant l’idée idéale pour éliminer ce qui ne lui convenait pas. La musique outrée comme le caractère des personnages, le ton léger et les magnifiques effets spéciaux de ce grand manège devraient attirer plus de spectateurs que le dernier opus en date (le beau Nemesis de S. Baird), qui s’était vautré à moins de 55000 entrées.
On ne se bousculait pas, précisons-le, dans les deux salles plutôt vides du mercredi de la sortie et de ce dimanche à Roubaix ; il est vrai, à des horaires peu porteurs (18 h 50 et 13 h 50)...

Même si certains ont écrit, peut-être pas sans fond, qu’à trop ravir la rétine, le film risquait de ne pas s’y incruster durablement, j’achèterai le DVD pour ne pas oublier cet épisode !
Longue vie et prospérité à la nouvelle série cinéma...
                                       
                                                      Le nain paléocinéphile.

Par Le nain paléocinéphile
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