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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 12:27

Amis du cinéma (ou pas), bonjour!

 

Nous voici réunis pour assister au discours d'un roi!

Tous à vos postes de radio ou de télévision, c'est parti pour 2 heures de bonheur, en ce qui me concerne...

En l'occurrence, c'est "tous devant vos écrans ciné"!

J'ai vu ce film 2 fois déjà, la 1ère dans la grande salle de mon cinéma de "village", on était 10... mais comme j'étais un peu en avance, je me laissais bercer par les papotages du public, en anglais et en français, ce qui faisait un doux mélange rigolo, avant la projection du film (en VO, évidemment!).

Hier, je l'ai revu dans une jolie salle de Dijon, un peu ancienne, rouge, petits fauteuils bien serrés les uns contre les autres, atmosphère chaude; on a juste failli étriper deux "mamies" qui sont arrivées en retard, ont trébuché dans le noir, fait le plus de bruit possible, changé de places ,on ne sait pas pourquoi (mais comme c'était pour aller en embêter d'autres loin de nous (on a entendu de vigoureux "chut", aïe aïe!), on était très contentes...). Ensuite, le calme est revenu, et on a pu se plonger dans le visionnement du film...

Il est difficile de prétendre faire une critique d'un film qui vient d'avoir quelques oscars, dont on parle dans toutes les revues, etc, donc je ne vais pas faire une critique.... il vous suffit d'aller cliquer sur quelques liens, et vous saurez tout ce que vous voulez savoir.

Bien sûr, ce film n'a pas besoin d'autres spectateurs au cinéma, je pense qu'il a déjà son public et les royalties qui vont avec (ahahahah, ROYALties, très fin!).... et il y a nombre de films qui ont, eux, bien besoin qu'on les soutienne (j'y vais parfois aussi, voir ceux-là)...

Mais Colin Firth et Helena Bonham Carter, loin des artifices de Tim Burton, sont si extraordinaires, pour jouer ce couple si ordinaire, liés l'un à l'autre par un amour et une confiance sans failles, et rattrapés par un destin auquel ils espéraient tant échapper, qu'ils affrontent avec un courage... ordinaire.

Geoffrey Rush, qui joue le thérapeute, a décidément un talent surprenant pour incarner cet homme à la fois simple et original, fou de langage et de Shakespeare, qu'il ne peut "jouer" que dans le cercle familial, pour amuser ses fils, et leur transmettre mine de rien un Shakespeare familier et universel. Sa tâche, transmettre, aider à surmonter des difficultés, escalader une montagne, avec un sens de la pédagogie peu orthodoxe à l'époque, mais pas étonnant aujourd'hui. On s'amuse à certaines scènes de "rééducation", du décalage entre les introversions du futur roi, de ses résistances à évoluer, et du souci de traiter d'égal à égal de Lionel Lodge; n'est-ce pas la condition même d'un "apprentissage" réussi?

Bien.... n'étant pas une grande linguiste, même si je tenais à voir ce film en VO, je n'ai certainement pas goûté à tout le sel des dialogues, jeux de mots, etc...

ça ne fait rien.

Je suis emportée aussi par la photo, l'utilisation des décors, les murs du cabinet du "docteur", ces couches et couches de peintures écaillées, de papiers peints déchirés qui en font une palette de peintre. Vétusté, beauté? Simple artifice de décorateur, ou témoignages du passé, de tout ce qu'il faut "gratter" pour arriver à retrouver l'essentiel, "la substantifique moëlle" qui fait d'un être son devenir.

Cette lumière à travers le brouillard, scène que j'aime beaucoup, lors d'une promenade (rapide et décisive), dans un parc londonien. Si le soleil arrive à jeter les ombres des personnages sur le chemin, le brouillard enveloppe de ses lambeaux tous les alentours et les passants, entrevus subtilement et fugacement.

Et les bouquets de fleurs, les jonquilles printanières sur le bureau d'un roi...

Je suis un peu impressionniste?

Peut-être, mais comme je le dis plus haut, à quoi bon raconter ce film?

La scène du discours du roi, devenu enfin orateur fin et sensible, émouvante et pourtant relevée d'un humour qui nous évite de somber dans le mélodramatique,  magnifiquement servie par les deux acteurs principaux, ne clôture pas tout à fait le film. Quelques minutes de l'"après", pour nous aider à respirer et à reprendre le cours de la vie, comme d'un quotidien qui sera dorénavant celui de ce roi qui se voulait d'abord "officier de marine", Mr Johnson...

Je ne m'interroge pas sur la réalité historique, celles des personnages, ni sur la monarchie britannique (le pouvoir réel du roi est d'ailleurs évoqué par lui-même peu avant ce discours), ce n'est pas le sujet de cet article.

Quelques jours avant, hasard des programmes télé, j'avais vu "Les jeunes années d'une reine", film récent (non, non, pas un Sissi!!!), sur les premières années du règne de la reine Victoria... Bon, là, je ne peux dire qu'une chose: beuh!





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commentaires

L
<br /> Helena Bonham Carter est mieux là que dans les films de Burton... je n'en peux plus de la voir jouer tous les ans la même chose de la même façon :) (et j'aime Burton et j'ai adoré sa compagne dans<br /> les premiers films vus)<br /> <br /> <br />
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N
<br /> Eh bien les naines cinéphiles, on se surpasse! Moi pour qui le cinéma n'est pas vraiment une passion mais le plus souvent un "aimable" divertissement, je me suis surprise à regarder fébrilement les<br /> programmes des salles dans ma ville. Bravo et merci pour cet article!<br /> Et j'aime beaucoup aussi celui sur le "témoignage vital de Wim Wenders" très très bien, vraiment!<br /> <br /> <br />
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N
<br /> Moi aussi, je suis allée voir ce film deux fois en version originale et je ne peux que confirmer la critique de Naine légère: tout dans ce film, est subtilité, luminosité. Les décors, les acteurs,<br /> les dialogues et. Comme tu le montres si bien, la scène du parc témoigne entre autres de la luminosité de ce film. Même le fog, habituellement montré au cinéma dans toute sa dimension menaçante<br /> d’une adaptation de Dickens, semble dans ce parc en faire à sa guise, comme un pied de nez immaculé aux nuages sombres de la guerre qui s’annonce (message implicite: il en faudra plus que ça pour<br /> démoraliser le peuple anglais!). Le ton léger et vif des dialogues ne cherche pas à dissimuler l’enjeu qui n’est pas uniquement celui d’un homme privé, fût-il roi, mais celui d’un roi qui doit plus<br /> que jamais être à la hauteur de sa fonction: celle d’un capitaine rassembleur dans la tourmente de la guerre imminente. Il lui faut donc être et à fortiori, devenir crédible auprès de son peuple.<br /> L’enjeu historique est toujours présent dans les dialogues. Ce qui veut dire que le langage, le roi doit l’acquérir comme on prend les armes. Le discours du roi est devenu l‘arme du roi, son<br /> discours fait partie d’un processus politique historiquement décisif.<br /> Pari réussi pour le roi. Pari réussi pour le film. Et le spectateur en redemande.<br /> <br /> <br />
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F
<br /> un lien sur un blog conseillé par une naine non écrivaine (ahahahah), pour reparler du film, et surtout vous permettre de vous balader au pays des Anglais.....<br /> http://www.myloubook.com/archive/2011/02/06/le-discours-d-un-roi.html<br /> <br /> <br />
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