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En cet an nouveau annoncé en 2008 par l’article “2009, année Darwin”, profitons-en pour signaler que le monde tel
que nous (1) l’envisageons n’a pas toujours été le résultat d’une évolution de plusieurs milliards d’années, à partir d’une origine biologique unique.
Le fort intéressant ouvrage “classification phylogénétique du vivant” (2, et document 1)
nous rappelle qu’ “à la fin du siècle des Lumières, il n’y avait plus de consensus pour considérer la classification [...] comme correspondant à un ordre d’origine
divine".
Deux erreurs principales ont du être corrigées : l’anthropocentrisme (“l’homme se trouve au sommet de l’échelle”) et le finalisme (“l’évolution semble n’avoir pour but que
l’émergence de l’homme”).
A l’aide des fossiles, de l’anatomie comparée, des progrès de la génétique (3), et d’une science qui permet de hiérarchiser les caractères observés, la cladistique (4), la généalogie du vivant a fait un bond ces trente dernières années.
Parmis les conclusions :
- l’ancienne distinction entre uni- et pluricellulaires ne tient plus
- les termes “algues”,“poissons”ou “reptiles” ne représentent plus des groupes à part entière et n’ont plus de sens que dans le langage courant
- le règne des champignons, intermédiaire entre végétaux et animaux, trouve sa vraie place (5)
- les oiseaux sont des dinosaures et leurs plus proches parents actuels sont les crocodiles (6 et document 2)
- gorilles et chimpanzés ont intégré la famille des hominidés.
Je ne dis pas que c’est facile à lire ; un des auteurs du livre cité précédemment a publié un complément pour “comprendre et enseigner la classification du
vivant” (guide Belin de l’enseignement), pour rendre le concept plus accessible. Cependant, si l’on s’intéresse aux sciences de la Vie et de la Terre et qu’on s’en donne un peu
la peine, on se rendra compte à quel point nous sommes liés aux autres occupants de cette planète, la seule connue à abriter la Vie.
Conclusions :
Cynique
On se refuse à l’admettre si souvent, occupés que nous sommes à justifier notre statut “supérieur” grâce à nos qualités “humaines” (humain : compréhensif et compatissant, nous
dit un dictionnaire) ; compréhensif envers qui, au fait ? Nos désirs ?
Grandiloquente
On l’oublie tellement vite, occupés que nous sommes, animaux presque comme les autres, à affirmer notre différence : pour la première fois en 4 milliards d’années sur
Terre, de la matière qui pense a les moyens de se détruire, et tout le reste avec, parce qu’elle ne voit pas plus loin que son nombril.
Anticléricale
Le pape, tout occupé qu’il est à limiter la sexualité à la procréation, pourtant on ne le suppose pas expert en la matière, pense t’il en se rasant qu’il est un singe comme les autres ?
Légère
Dommage qu’on n’ait pas été plus proches des oiseaux, nous aurions pu produire nous-mêmes notre omelette pour déjeuner.
Le nain paléontologue.
(1) Enfin, les convaincus du processus de descendance avec modifications que le Maître a décrit...
(2) Classification phylogénétique du vivant, G. Lecointre, H. Le Guyader, Belin, 2001, pour l’édition originale.
(3) Pour mémoire, l’homme moderne partage 99,5 % de son matériel génétique avec l’homme de Néandertal, 98,7 % avec le chimpanzé, 80 % avec le chien, 60 % avec la poule, 50 % avec la levure
de bière, un champignon, et 30 % avec la jonquille.
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Phylog%C3%A9n%C3%A9tique
(5)” Les champignons ont été classés, jusqu’en 1969, comme faisant partie du règne végétal.[...] De plus, leurs
parois cellulaires ne sont pas constituées de lignine et cellulose, mais de chitine, comme la cuticule des insectes.” Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A8gne_(biologie)
(6) Arbre simplifié par l’auteur à partir de sources diverses. En rouge : groupes disparus.
Une Enquête de Benoît Collombat sur les investissements de Bolloré au Cameroun
CAMEROUN
"L'EMPIRE NOIR DE VINCENT BOLLORE"
Emission présentée par Lionel Thompson
Vincent Bolloré est sans doute aujourd'hui l'un des hommes d'affaires français les plus puissants et les plus influents. Un homme d'affaires qui sait choisir et cultiver ses amitiés. C'est sur
un yacht lui appartenant que Nicolas Sarkozy était allé passer quelques jours de repos, juste après son élection à la présidence de la République, en mai 2007.
Héritier d'un groupe industriel familial, Vincent Bolloré a bâti en quelques décennies un véritable empire diversifié dont le chiffre d'affaires est estimé à plus de 6 milliards d'euros. Une
partie de cette fortune est désormais réalisée sur le continent africain. Par le biais de diverses sociétés, le groupe Bolloré occupe une place déterminante dans les économies de Côte d'Ivoire,
du Congo, du Gabon ou du Cameroun. Dans ce dernier pays, il contrôle en grande partie le port autonome de Douala, les chemins de fer et des plantations de palmiers.
Alors que Nicolas Sarkozy effectue cette semaine une tournée dans plusieurs pays africains, Benoît Collombat a enquêté au Cameroun et a recueilli des témoignages inédits de camerounais qui
décrivent les réalités concrètes de cet empire et sa face sombre, héritage direct d'une " françafrique " avec laquelle Nicolas Sarkozy prétendait rompre à son arrivée à l'Elysée.
Réalisation : Anne LHIOREAU
Sur le site figure un lien avec la réponse du groupe Bolloré sur la question.
Les mots sont clairs, nets, propres, il y est question de chiffres mais je ne peux m'empêcher de me demander ce qu'en penserait le pauvre bougre qui fait partie
de ceux qui bossent depuis si longtemps pour des clopinettes pour une société qui n'a jamais jugé bon de leur faire installer ne serait-ce que des latrines... Tout cela me rappelle un reportage
qui avait été diffusé en 2007 sur France 2 dans le magazine Envoyé Spécial concernant les conditions de travail
scandaleusement déplorables d'Africains employés en Afrique par la société Firestone.
Comme dit l'autre, les bras m'en tombent.
Au travers de quelques problèmes rencontrés par des illustrateurs, voyons comment ils obtiennent les
planches figurant les ouvrages animaliers.
Pour se préparer, 4 approches principales se mêlent, en dehors, bien sûr, de la copie pure et pas toujours simple
des collègues :
- les croquis sur le vif (voyage, captivité, film)
- les spécimens naturalisés des collections (musées, universités, particuliers)
- les conseils des auteurs scientifiques (le(s) co-auteur(s), la bibliographie)
- et les photos !
Le peintre tchèque Zdenek Burian nous offre un bel exemple (1)
dans cette toile de 1957
servant à introduire l’ère quaternaire dans une encyclopédie de la préhistoire de mon enfance. L’ours des cavernes de gauche nous amène vers une taïga humide où, au détour d’un méandre, on
apperçoit un ... bateau ! (2)
À la vue d’autres bévues de cet artiste (moins gênantes, quand même), on peut penser que, le nez sur le motif, il n’a pas vu qu’il (re)produisait un anachronisme flagrant pour cette période
antérieure à 10 000 ans.
Que faire quand on n’a pas de document photographique et que l’on n’a pas le courage ou la possibilité d’examiner le sujet de visu ? Inventer..
Certains animaux n’ont pas été vus depuis plusieurs décennies, d’autres ont récemment disparu, ou n’ont jamais été présentés dans certaines activités. Deux exemples.
Les guêpiers carmin (3)
profitent de gros “porteurs” (outardes, antilopes) pour surveiller
les insectes qu’ils attrappent au vol. William T. Cooper (déjà évoqué) a choisi ici un magnifique oryx. L’ennui, c’est que l’échelle n’est pas respectée : l’oiseau de 35 cm queue comprise est ici
multiplié par trois, à moins que ce ne soit le bovidé africain qui soit nain. Raté !
Les pénélopes sont des gallinacés qui ne volent pas très souvent ; Jon Fjeldså (4)
,
pourtant excellent graphiste et aquarelliste, utilise beaucoup les photos mais représente ici de petites ailes de proportions propres à celle d’une grosse poule de ferme, perdu qu’il a du être,
alors qu’un simple faisan aurait pu lui sauver la mise...
Et faut-il encore que cela paraîsse vraisemblable. Observons une “erreur de casting”.
Gaëtan du Chatenet est le chantre du détail : les textures des carapaces, écailles, nervures, cuticules, et autres peaux n’ont pas de secrets pour lui.
Tout va bien quand il dessine végétaux, crustacés ou insectes, mais moins les vertébrés.
Les oiseaux ont l’air plats et secs, comme naturalisés. Ce geai des chênes (5)
planant dans
un livre dédié à ses semblables, a l’air d’un boeing 747 pris au grand angle. La réduction due à la perspective ne s’applique pas pas à un oiseau de 30 cm. Malgré la minutie apportée au plumage,
le volume peine à être rendu.
Trouver le(a) bon(ne) candidat(e) n’est donc pas facile...
Le nain
paléoiconornithophile.
(1)(2) Encyclopédie de la préhistoire, 1973, eds la farandole.
(3) Dans Peintres et illustrateurs d’oiseaux, 1991, Abbeville Press.
(4) Birds of the High Andes, 1990, zoological museum University of Copenhagen & Appolo Books, Svenborg.
(5) Les geais du monde, 1990, Geai 80’.
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